Morne année pour les éditeurs belges de langue française | Livres Hebdo

Par Vincy Thomas, le 21.06.2015 à 16h03 (mis à jour le 21.06.2015 à 17h00) Bilan 2014

Morne année pour les éditeurs belges de langue française

Production en hausse mais exportation en baisse: l'Association des Editeurs belges publient les chiffres du secteur pour l'année 2014 ainsi qu'une étude qualitative sur le marché du livre numérique.

L’Association des Éditeurs belges (Adeb) a rendu public vendredi 19 juin le bilan de l’année 2014 du marché du livre belge de langue française.
 
Marché en baisse
 
Pour la troisième année consécutive, le secteur connaît une baisse. Avec 244 millions d’euros, le marché se rétracte de 3,2%. Selon l’Adeb, la cause en serait le recul des grands lecteurs et la concurrence des nouveaux loisirs et des contenus gratuits sur Internet. 8842 titres ont été commercialisés, soit un bond de 7,7% par rapport à 2013.
 
La BD et les sciences humaines leaders de l’édition belge
 
Le secteur du livre belge de langue française continue d’être très dépendant de l’étranger. 72% des ouvrages vendus sont importés et 60% de l’activité des éditeurs belges francophones est réalisée à l’export, qui encaisse une chute de 8,2% du nombre d’exemplaires vendus à l’étranger. Au total, le chiffre d’affaire global des éditeurs belges francophones est stable et s’élève à 140,9 millions d’euros.
 
Le marché est tiré par la BD pour l’édition papier et par les sciences humaines pour l’édition numérique. La BD représente 53% du chiffre d’affaires des éditeurs belge, loin devant les sciences humaines et techniques (23%), l’édition scolaire (12%) et les livres de jeunesse (5%).
 
A l’inverse, les éditeurs étrangers, principalement français, dominent en littérature générale, en littérature jeunesse, dans les beaux-livres et les livres pratiques.
 
La littérature générale et la BD font un tiers des ventes
 
Par secteurs, la littérature générale reste leader des ventes avec 17,7% du chiffre d’affaires global mais elle recule de 10,1%. Avec 17,4%, la BD est le deuxième secteur du marché, même si elle enregistre un léger repli de 0,3%. Les beaux-livres et les livres pratiques représentent 15,5% des ventes, malgré une baisse de 1,6% de son C.A.. La chute est plus sérieuse pour les Dictionnaires et encyclopédies (-15,1%) et seuls les livres scolaires et parascolaires et les livres de poche sont en légère hausse (respectivement 0,8% et 0,3%). Contrairement aux marchés américains, anglais ou français, le secteur jeunesse est en repli en Belgique francophone avec une baisse de 1,7% des ventes.
 
Un livre sur deux acheté en librairie
 
Les librairies générales ou spécialisées continuent d’être les canaux de commercialisation préférés des lecteurs belges avec 48,1% des ventes, malgré une baisse de 2,8%. Loin derrière, on retrouve les grandes surfaces non spécialisées (20,1%) et la vente directe (11,3%). 2 lecteurs sur 5 ont acheté un livre imprimé sur un site de e-commerce.
 
Le numérique progresse
 
Le numérique continue de progresser : avec 13 millions d’euros de chiffre d’affaires, essentiellement dans les sciences humaines, l’édition numérique belge connaît une hausse de 11% et représente 8% de l’activité papier-numérique des éditeurs belges.
 
L’ADEB a commandé à Ipsos sa troisième étude sur le marché numérique belge (à télécharger). 47% des lecteurs lisent aussi bien des livres imprimés que numériques, contre 40% il y a deux ans. Seuls 48% restent exclusivement attachés au livre imprimé (contre 58% il y a deux ans). Désormais 5% des lecteurs lisent exclusivement des formats numériques (contre 2% il y a deux ans). La tendance devrait se confirmer dans les prochaines années puisque 22% des sondés qui lisent exclusivement des livres imprimés envisagent de lire des livres numériques à l’avenir.
close

S’abonner à #La Lettre