Média-Participations entre au capital de Miyu Productions à hauteur de 25 %, formalisant un rapprochement stratégique entre le géant européen de la bande dessinée et le studio d'animation indépendant fondé en 2009 par Emmanuel-Alain Raynal, selon un communiqué. Cette prise de participation minoritaire marque une nouvelle étape pour Miyu, après l'arrivée d'un premier associé en 2015.
« C'est un rapprochement qui se fait assez naturellement, suite à des rencontres humaines avec Caroline Duvauchelle qui gère l'audiovisuel au sein du groupe et avec son directeur général Julien Papelier », explique à Livres Hebdo Emmanuel-Alain Raynal, qui conserve avec son associé la direction opérationnelle du groupe. Le dirigeant insiste sur la philosophie de l'opération. « Il y a une vraie volonté chez Média-Participations de s’appuyer sur nos équipes », confirme-t-il.
Le Japon comme socle commun
Le rapprochement s'appuie d'abord sur un intérêt partagé pour le marché japonais. Miyu développe depuis plusieurs années des collaborations avec des studios et réalisateurs nippons, tandis que Média-Participations dispose d'ADN, sa plateforme de streaming dédiée aux animes et mangas.
Plusieurs projets illustrent cette convergence. Miyu collabore avec Cyril Pedrosa (L'Âge d'Or chez Dupuis) sur le long métrage La Longue Nuit, et accompagne Jul (Silex and the City chez Dargaud) sur un deuxième long métrage en partenariat avec le Louvre. Le studio travaille également avec ADN sur « de nouveaux modèles de productions de séries animées en lien avec le Japon ».
Miyu, qui privilégie historiquement la création originale, entend conserver son approche opportuniste sur les adaptations. « On fonctionne au coup de cœur », assure le dirigeant, qui rappelle que Média-Participations dispose déjà d'Ellipse Animation à Nîmes pour adapter les catalogues Dupuis et d'autres maisons du groupe. « On souhaite développer des projets qui tentent de repousser les frontières de l'animation et c'est la volonté d'accompagner cet élan-là qui se concrétise par cette prise de participation. »
Un secteur en crise
L'opération intervient dans un contexte difficile pour l'animation française. Le secteur traverse « une crise depuis près de deux ans », causée notamment par l'arrêt des commandes des plateformes américaines. Miyu s'estime toutefois « moins affecté » grâce à une activité diversifiée entre long métrage, audiovisuel et court métrage.
La marque, structurée autour de quatre entités (Productions, Distribution, Galerie et studio MIST), affiche une ambition internationale claire. L'ouverture récente d'un studio à Bruxelles renforce son ancrage européen. Média-Participations, qui rassemble de son côté 65 filiales et plus de 2 000 collaborateurs, est le premier éditeur de BD, mangas et comics en Europe et dispose d'un écosystème complet allant de l'édition (Dargaud, Dupuis, Kana) à l'animation (Ellipse, Belvision) en passant par le jeu vidéo (Microids).
Pour Emmanuel-Alain Raynal, « l'aventure commence » avec cette alliance qui vise à « continuer à repousser les frontières de l'animation en accompagnant des œuvres uniques portées par la vision de leurs auteurs et autrices ».
