London Book Fair

Londres : la non-fiction détrône la littérature

Le centre des droits à la Foire du livre de Londres, le 9 avril 2014 - Photo FABRICE PIAULT/LH

Londres : la non-fiction détrône la littérature

Les achats de droits lors de la foire de Londres se concentrent de plus en plus sur la non fiction et les éditeurs français constatent une pénurie de textes purement littéraires.

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Par Anne-Laure Walter, Fabrice Piault,
à Londres,
Créé le 09.04.2014 à 20h38,
Mis à jour le 09.04.2014 à 21h00

L'offre en textes de fiction littéraire s'est considérablement réduite dans les échanges de droits, à en croire les éditeurs français rencontrés à la foire de Londres qui ferme ses portes jeudi 10 avril au soir. "Il y a de moins en moins de textes purement littéraires, moins de premiers romans, moins de recueils de nouvelles chez les anglo-saxons", déplore Francis Geffard, éditeur de littérature étrangère chez Albin Michel, ravi d'avoir signé à la veille de la foire le premier roman d'un auteur de Louisiane, Tom Cooper, que se disputait huit éditeurs français. Ce "roman noir à la Breaking Bad" paraîtra en France en 2016. 

Nathalie Zberro fait le même constat. L'éditrice en charge du domaine étranger de Rivages, qui a signé il y a un mois l'auteure britannique Kate Tempest, dont le roman paraîtra en 2016 chez Bloomsbury, ainsi qu'I saw a man d'Owen Sheers, note qu' "à force d'être obsédé par les séries télévisées, les prequels et sequels, il n'y a plus de voix singulières et littéraires. Quand j'ai vu passer le roman de Kate Tempest je me suis jetée dessus et je n'étais pas la seule. Avec la pénurie de textes littéraires, dès qu'il y en a un, il y a des enchères." 

Ayant "bénéficié d'une information avant la foire", Olivier Cohen, P-DG de l'Olivier, est ravi d'avoir "pu éviter les enchères" pour le premier roman du Nigérian Chigozie Obioma, The Fishermen, vendu à Little Brown ainsi qu'en Allemagne, et en lecture un peu partout. Dans cette foire très business, la fiction qui est majoritairement proposée se polarise sur la littérature populaire et divertissante comme le prequel d'Autant en emporte le vent, de Donald McCaig ou les séries érotiques qui restent encore bien présentes dans les catalogues d'agents. Béatrice Duval chez Denoël remarque aussi un retour du roman "book club issue", à savoir une intrigue avec des questions existentielles qui va faire débattre des heures dans les clubs de lecture.

Face à ce qu'il nomme le "déficit de fictions", le directeur éditorial de Flammarion, Patrice Hoffmann, a trouvé son bonheur dans la non fiction, achetant juste avant la foire l'autobiographie de l'actrice italienne Sophia Loren ainsi que le Manifeste des Pussy Riots. Flammarion a par ailleurs acquis deux essais sur le cancer, d'une part Prévenir le cancer, du canadien Richard Béliveau, paru chez Librex, d'autre part le nouvel ouvrage du médecin Siddhartha Mukherjee, qui avait déjà publié chez Flammarion L'empereur de toutes les maladies, une biographie du cancer.

Chez Kero, Philippe Robinet est aussi allé chercher dans la non fiction en acquérant les droits de Good Morning Mister Mandela, de Zelda La Grange, une Afrikaaner qui travailla à ses côtés. La sortie mondiale est prévue le 23 juin. Enfin, le Seuil a pré-empté le récit sur le genre de Io Tillett Wright, une auteure qui a passé son enfance dans l'East Village à New-York, et a décidé entre ses six et quatorze ans de vivre sa vie comme si elle était un garçon.

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