Emma Lowe, directrice de la London Book Fair (LBF), a présenté les axes stratégiques du salon qui se tiendra du 10 au 12 mars 2026 à l’Olympia pour la dernière fois. La réorganisation du Rights Centre constitue la principale nouveauté de cette édition. Critiqué en 2025 pour sa configuration éclatée, l'espace dédié aux négociations de droits est désormais regroupé en un lieu unique, doté de toilettes et d'un café. « Nous avons déplacé le Rights Centre cette année avec toutes les tables dans une même zone. Les agents pourront conduire leurs affaires sans avoir à sortir pour rejoindre leur prochain rendez-vous », a précisé Emma Lowe lors d'une conférence de presse le 29 janvier.
Gel des prix et préparation du transfert à ExCel
Face aux critiques récurrentes sur le coût du salon, notamment exprimées par les professionnels français, la direction a obtenu un gel tarifaire entre 2026 et 2027. « Nous avons dû nous battre assez fort en interne pour obtenir cette offre limitée dans le temps », a souligné la directrice qui n’a pu que constater la défection de Canongate pour cette édition 2026. L’éditeur anglais a en effet annoncé en fin d’année dernière installer un bureau, durant la période de la foire, dans une brasserie non loin de l’Olympia Hall.
Cette mesure de gel tarifaire s'inscrit dans la préparation du déménagement du salon vers ExCeL, dès 2027. Le nouveau site, situé près du London City Airport, offrira davantage d'espace et facilitera l'accès pour les professionnels européens avec des vols directs quotidiens depuis les principales capitales, estime la direction de la Foire. « ExCel nous offre la possibilité de proposer plus de valeur, plus de produits à différents niveaux de prix », a expliqué Emma Lowe.
Soutien aux petits éditeurs et année de la lecture au Royaume-Uni
L'édition 2026 marque une volonté d'élargissement. Le Arts Council britannique finance pour la première fois un stand collectif dédié aux petites maisons d'édition britanniques. « Ce sont de tous nouveaux ou de très petits éditeurs qui viennent à la LBF pour la première fois. C'est exactement le type d'énergie que nous voulons », s'est réjouie la directrice.
Un nouveau « International Stage » est créé pour donner davantage de visibilité aux marchés étrangers. « Il y a des endroits que nous devons connaître, des pays, des territoires et des tendances que nous devons comprendre. J'espère que cette scène permettra de mieux engager la conversation », a-t-elle indiqué.
Le salon s'associe également à la National Year of Reading 2026, initiative lancée par le gouvernement britannique pour promouvoir la lecture auprès des jeunes. « Nous ne bénéficions pas d'une seconde chance pour mettre les enfants à lire. Les statistiques sur l'accès des enfants à la littérature et les niveaux d'alphabétisation sont terrifiants », a rappelé Emma Lowe, qui en fait un axe médiatique majeur de l'événement. Une thématique qui devrait se retrouver également un mois plus tard à la Foire de Bologne.
Concernant les collaborations internationales, Emma Lowe refuse la logique de concurrence avec Francfort ou Pékin. « Je ne les vois pas vraiment comme des concurrents. Notre travail consiste à être aussi bons que Pékin et Francfort pour que les gens continuent de choisir les salons comme moyen de faire des affaires », conclut-elle.
La Foire de Londres en période de Ramadan
