L’œuf et la poule | Livres Hebdo

Par la bande

Daniel Garcia

L'actualité du livre et de l'édition ne se limite pas aux rubriques, ni aux magazines spécialisés. Ce blog essaiera de traquer les mille et une façons de parler du livre aujourd'hui, ou de la manière dont le livre existe (encore) dans notre univers multimédia(tique). lire la suite

Il y a 12 ans 3 mois

L’œuf et la poule

Une bibliothèque familiale ouverte 7 jours sur 7, 24h sur 24 ? C’est le projet Cyberlibris famili, lancée sous forme de test au début de l’été. Fondée en 2001, Cyberlibris (www.cyberlibris.com) était déjà active dans deux domaines : l’universitaire, à destination des étudiants (cyberlibris academia) et le management, à destination des cadres (cyberlibris executive). Ses animateurs, Eric Bryis, co-fondateur, et François Lascaux, directeur du marketing, ont voulu, avec la déclinaison « famili », viser le grand public. Un millier, environ, de « bêta-testeurs » (dont ma pomme) ont essuyé les plâtres durant l’été, avant le véritablement lancement du service, prévu j’imagine pour les prochaines semaines. Cyberlibris famili, c’est quoi, concrètement ? Une bibliothèque numérique, donc, qui regroupe des ouvrages selon six thématiques : Famille, Maison, Cuisine, Santé, Loisirs et Argent. L’utilisateur peut feuilleter librement les ouvrages proposés (qualité excellente d’affichage : on a l’impression d’avoir le bouquin sous les yeux) et les ranger dans ses « étagères » virtuelles, où il pourra les consulter ensuite à loisir, les annoter s’il le souhaite, etc. Bref, plutôt un bon concept. A terme, quand le service sera vraiment ouvert, l’utilisateur paiera une redevance mensuelle (de l’ordre de 5 euros par mois) sur laquelle les éditeurs seront rémunérés au nombre de clics enregistrés par leurs ouvrages. Fin septembre, l’équipe de cyberlibris a publié, sur son blog (http://famili.vox.com) les résultats du bêta-test. On découvre ainsi que les livres de cuisine sont plébiscités (plus de 40% des choix) et qu’à l’inverse la rubrique « Argent » est en queue de peloton. Ouf ! Parmi les souhaits des testeurs, on relève notamment le désir de pouvoir commenter les ouvrages à destination des autres utilisateurs (une fonction typiquement interactive du Net, qui constituerait en effet un « plus » très agréable). Où ça pêche, pour l’instant, c’est par le choix trop limité. 709 livres, à ce jour, proposés par une vingtaine d’éditeurs (Amphora, Dunod, La Découverte, Jean-Paul Gisserot, les guides Mondeos…), c’est bien peu, pour constituer une bibliothèque digne de ce nom. Les animateurs de Cyberlibris annoncent l’arrivée prochaine de nouveaux éditeurs séduits à leur tour par l’idée (dont les éditions Ouest-France) : on ne peut que leur souhaiter d’élargir, au plus vite, leur offre. Car, comme ils le reconnaissent eux-mêmes dans leur éditorial, « La bibliothèque numérique, c’est un peu comme l’œuf et la poule : une bibliothèque n’attire des abonnés que si elle dispose d’un riche contenu ; une bibliothèque numérique ne peut séduire les éditeurs que si la communauté des abonnés est étoffée ». La balle, à vrai dire, est davantage dans le camp des éditeurs que des abonnés : il suffirait qu’ils se convainquent que ce type de vitrine numérique, loin de cannibaliser le livre papier, est au contraire un nouveau vecteur de promotion pour leur production.
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