Le développement en France de NetGalley franchit une nouvelle étape avec l’acquisition de sa licence d’exploitation par Livres Hebdo. Cet accord, conclu pour trois ans renouvelables, confie aux équipes du journal de l’interprofession la commercialisation, l’animation et l’adaptation de services de NetGalley, spécialiste de la diffusion de services de presse numériques et audio aux prescripteurs du monde du livre.
À l’heure où la promotion du livre se réinvente à l’ère numérique, NetGalley s’impose comme un outil stratégique pour les éditeurs. Née aux États-Unis et aujourd’hui développée par Firebrand Technology, filiale du groupe japonais Media Do International (MD-i), la plateforme s’est progressivement imposée sur plusieurs marchés clés, dont le Royaume-Uni, l’Allemagne et la France. Son principe est simple : permettre la diffusion en avant-première d’ouvrages, avant leur parution, auprès d’une communauté qualifiée de lecteurs prescripteurs. En France, plus de 80 éditeurs y sont abonnés, parmi lesquels Audiolib, Lizzie, Média Participations, le groupe Delcourt, VOolume, Gulf Stream, ou encore Scrineo.
Retours ciblés et exploitables
NetGalley repose sur une logique de communauté : elle rassemble à la fois des professionnels du livre – libraires, bibliothécaires, journalistes littéraires –, et des prescripteurs issus du grand public comme les influenceurs. Tous s’inscrivent volontairement et sont sélectionnés en fonction de leur rôle dans la chaîne du livre. Une fois intégrés, ces lecteurs prescripteurs accèdent à des titres en version numérique ou audio, qu’ils peuvent lire avant publication, puis commenter.
Pour les éditeurs, l’intérêt est double. D’une part, NetGalley constitue une alternative dématérialisée au traditionnel service de presse papier. Les ouvrages sont mis à disposition sous forme de fichiers sécurisés, accessibles pour une durée définie, avec un modèle qui rappelle celui du streaming : les contenus peuvent être retirés à tout moment à la demande de l’éditeur. D’autre part, la plateforme permet de recueillir des retours ciblés et exploitables. Contrairement à un forum ouvert, les avis déposés restent la propriété des éditeurs, qui en maîtrisent la diffusion et l’usage.
Des écosystèmes complémentaires
Le modèle économique de NetGalley repose sur un abonnement, flexible, permettant aux éditeurs de déposer un ou plusieurs titres pour une durée variable, généralement en amont de la parution. L’accès est gratuit pour les prescripteurs, sous réserve de correspondre aux profils recherchés : seuls sont admis les libraires, bibliothécaires et autres professionnels du livre. Cette organisation favorise une circulation fluide des contenus et une montée en puissance rapide de la visibilité des ouvrages.
Plus qu’un simple partenariat, cette véritable intégration stratégique s’inscrit dans un écosystème déjà structuré autour des bases de données d’Electre et du lectorat de Livres Hebdo, avec de nombreuses synergies à déployer : les bibliothécaires utilisant Electre peuvent ainsi accéder en avant-première aux titres diffusés sur NetGalley, tandis que les abonnés de Livres Hebdo bénéficient d’un accès privilégié à cette nouvelle forme de prescription.
En croisant les communautés d’utilisateurs de NetGalley, de la base Electre et des abonnés de Livres Hebdo – qui se recoupent déjà largement – l’objectif est de renforcer la visibilité des ouvrages. Aujourd’hui, NetGalley compte environ 15 000 membres en France et ambitionne de doubler cette communauté pour atteindre 30 000 inscrits, tout en augmentant le nombre de titres proposés sur la plateforme. Une community manager, en charge de l’animation et du recrutement des prescripteurs, assure le lien entre les éditeurs et les lecteurs, contribuant à la vitalité du dispositif.
« Un levier puissant de prescription »
« NetGalley constitue un levier puissant de prescription pour les éditeurs, explique Michel Lanneau, directeur général d’Electre. En facilitant l’accès anticipé aux ouvrages et en multipliant les points de contact avec des lecteurs influents, la plateforme amplifie considérablement la visibilité des titres. Elle permet également de collecter des données fines, segmentées par type de prescripteurs, offrant aux éditeurs une meilleure compréhension des attentes du marché. »
Particulièrement difficile à atteindre par les circuits traditionnels, la communauté des bibliothécaires illustre bien l’apport de ce dispositif. Grâce à l’intégration avec les services d’Electre, NetGalley devient plus accessible, renforçant ainsi son rôle dans la recommandation des ouvrages.
Pour autant, NetGalley ne signe pas la fin du service de presse imprimé. Elle s’inscrit plutôt dans une logique d’hybridation, en complément des pratiques existantes. Outil de surdiffusion, elle prolonge le travail des attachés de presse et des critiques littéraires en s’appuyant sur la puissance du numérique.
En accompagnant les éditeurs et les auteurs dans la promotion de leurs services de presse numériques et audio, NetGalley s’impose ainsi comme un maillon essentiel de la chaîne du livre contemporaine. Avec l’appui de Livres Hebdo, la plateforme dispose désormais de solides atouts pour accélérer son développement en France et transformer durablement les stratégies de prescription littéraire.