Fantasy : refléter les évolutions du monde
Les romans de fantasy touchent un public de plus en plus large. Pour répondre à la forte demande dans ce segment, les maisons doivent innover. Parmi les littératures de genres, la fantasy et le fantastique connaissent un succès croissant. Si c'est le cas depuis les années 2000 et le triomphe du Seigneur des anneaux et de Harry Potter, le phénomène prend de nouveaux élans encore ces dernières années et notamment depuis le Covid. Entre 2024 et 2025, ces deux segments ont vu leurs parts augmenter de 9 % dans le marché de l'imaginaire. Qu'il s'agisse de romantasy, d'urbanfantasy, de lightfantasy ou de darkfantasy, le genre (et ses sous-catégories) parvient à toucher un large public tant la diversité des sujets, des thèmes et des personnages qu'il aborde et déploie reflète les préoccupations contemporaines. « C'est une littérature sans cesse en mouvement qui reflète les évolutions du monde », affirme Hania Jalkh, directrice éditoriale chez Bragelonne, qui cherche à publier des textes novateurs, explorant « des territoires moins familiers, des civilisations pas uniquement occidentales et qui apportent des questionnements sociétaux, féministes ou de genre ». Parmi eux, l'autrice australienne Shelley Parker-Chan (Celle qui devint le soleil, une réécriture historique queer et féministe) ou l'auteur sri-lankais Vajra Chandrasekera et son premier roman très remarqué à l'international et publié en 2024 chez Bragelonne, Les portes de lumière. Le 10 juin, un nouvel auteur irlandais arrive au catalogue : Dave Rudden, avec le premier volet d'une trilogie épique : Sœur Funèbre.
Hania Jalkh, directrice éditoriale chez Bragelonne - Photo DRPour télécharger ce document, vous devez d'abord acheter l'article correspondant.
Parmi les titres très attendus en fantasy étrangère, il y a aussi la toute première traduction en français de l'autrice chinoise emblématique de l'urbanfantasy, Priest, aux éditions Komogi. Le premier volume de la trilogie Guardian paraîtra en juillet. Aussi les éditions De Saxus proposent-elles la traduction du titre Née du Sang et de la Cendre de l'autrice américaine Jennifer L. Armentrout, qui mêle le récit d'aventure et de guerre à un univers sombre et magique.
Mais les éditeurs de fantasy restent évidemment curieux de plumes françaises. Dans sa collection « Lunes d'encre », Denoël propose ainsi de découvrir un nouvel auteur, Sébastien Juillard, qui met en scène le parcours et le combat d'une femme condamnée à l'exil dans Sous le règne des filles du feu. Chez Mnémos, maison spécialisée en imaginaire, paraîtra en août prochain le nouvel opus de la darkfantasy Sans-saigneur, signé Christophe Guillemin : une odyssée sanglante dans une Auvergne uchronique médiévale. Le directeur des éditions, Frédéric Weil, et la responsable du label young adult « Naos », Anne Guillou, ont lancé en 2025, pour les 30 ans de la maison, un appel à textes qui s'est avéré fructueux. « On a trouvé des bijoux sur lesquels on travaille actuellement », se réjouit Frédéric Weil.
Horreur : le frisson à l'honneur
« Il y a un vrai regain d'intérêt pour l'horreur, peut-être pour sa dimension cathartique, car c'est un genre qui permet d'aborder des sujets compliqués et sociétaux de manière plus personnelle, même viscérale », remarque Paul-Étienne Garde, directeur de la collection « Imaginaire » au Livre de Poche. Un peu comme la romance s'insère dans tous les autres segments, l'horreur se retrouve de plus en plus dans les polars, la fantasy et aussi… la romance. Cette tendance, attribuée à son succès sur les écrans, viendrait se confirmer sur le marché éditorial.
Ces derniers mois, plusieurs maisons d'édition ont lancé leur collection horreur. Parmi elles, Pocket, qui s'était séparée de sa collection « Pocket terreur » il y a 20 ans, a créé en mars son label « New horror ». Là encore, le genre est fragmenté en de multiples sous-catégories et Pocket les explicite : gothique urbain, horreur psychologique, gothique contemporain, body horror, horreur cosmique et slasher. Les éditions Fleuves ont elles aussi créé, en septembre dernier, leur collection dédiée à l'horreur : « Styx » - dont le nouveau titre de David Nickle, Eutopie est à paraître le 4 juin. Il y a trois mois Maison Pop inaugurait la collection « Obscur », dans laquelle Victorian Psycho de Virginia Feito paraît ce mois-ci. Parmi les œuvres les plus attendues à la rentrée prochaine, notons celle de Nicolas Martin, Je ne suis pas venu apporter la paix (Au diable vauvert) - il publiera simultanément le titre Fragile/s au Livre de Poche -, ainsi que la réédition de Model Home, le thriller horrifique de Rivers Salomon, en poche chez J'ai lu.
Littératures sentimentales : plusieurs nuances de romance
La romance ne faiblit pas, au contraire. Elle conquiert un lectorat de plus en plus jeune et de plus en plus vaste en s'immisçant dans d'autres genres, de la littérature historique à la fantasy. Se pose à présent la question de l'âge des lectrices et lecteurs. Si on ne parle plus vraiment de « roman sentimental » dans le paysage littéraire, la « romance » (qui est sa traduction anglaise) est le segment le plus dynamique du marché éditorial ces dernières années. Après la période du Covid, le phénomène s'est développé et n'a plus faibli, pas même en 2025, contrairement à ce qui était pressenti. La romance s'invite partout, et toujours plus. Non seulement elle se glisse dans les autres littératures de genre et en relance le marché - en particulier la fantasy et les romans historiques -, mais il semble que son lectorat se développe à tel point que des espaces dédiés ne cessent d'être inaugurés. On recense près de 30 librairies et autant de salons et manifestations littéraires créés ces trois dernières années. Cette communauté, née sur les réseaux sociaux (#bookstagram ou #booktok), est aujourd'hui avide de rencontres réelles. Lors du dernier Festival du Livre de Paris, les balcons du Grand Palais réservés au segment de la romance étaient pleins jusqu'à saturation, ce qui a suscité frustration et incompréhension de la part des fans. En réponse, le directeur général du Festival Pierre-Yves Bérenguer a assuré que de nouveaux espaces consacrés au segment allaient être ajoutés pour l'édition 2027.
La romance brasse un public très large et semble conquérir de nouvelles lectrices, de plus en plus jeunes. La question de l'âge du lectorat est aujourd'hui au cœur des réflexions des éditeurs et des libraires quant à ce segment et il s'agit aujourd'hui de s'adapter à cette diversité en indiquant précisément à quelle tranche d'âge s'adresse un titre. Dernièrement, les éditions La Doux ont lancé « Gloss », une collection pour les adolescents, Albin Michel jeunesse a créé « Teen romance » et les éditions Mame la collection « Cœur à cœur », ainsi qu'une collection de romance chrétienne, « Cœur pur ». Parallèlement au succès et aux polémiques de la dark romance, se développe toute une gamme de romance « green » ou « light », qui ne comporte pas de scènes violentes ni de relations toxiques et qui mettent en scène d'autres types de relations amoureuses romantiques.
Parmi les titres les plus attendus, La gourmandise d'Ana Huang (6e volume de la série Kings of sin) paraîtra en septembre chez Hugo Roman, maison qui publiera aussi en août Misfit, le premier tome de la série Prep, signée Elle Kennedy. Les 3e et 4e tomes de la série Lovelight de B. K. Borison paraitront en juin et en septembre, chez Verso (Seuil). L'autrice américaine Abby Jimenez est également de retour avec Le soir où je t'ai rencontré, en juillet, chez Saxus Romance.
Dark romance : l'effet scandale
Parmi les polémiques récurrentes autour de l'édition, celle de la dark romance occupe une place de choix. Cathartique, dangereuse ou délicieuse ? Il semblerait que le sous-segment (qui fait parler de lui bien plus encore que le segment de la romance) ravive un débat déjà bien présent depuis le mouvement #Metoo autour des dominations, des violences masculines et de leurs représentations. Mais les autrices du genre invitent aussi à penser la question de la réappropriation de ces violences par les femmes. Anne Hautecœur, directrice des éditions La Musardine - maison emblématique de la littérature érotique en France - confiait à Libération lors du Salon du livre érotique en novembre dernier : « Avant, la littérature érotique était faite par des hommes, pour des hommes. Depuis quelques années, ça s'est complètement inversé. »
Dans le jargon de la romance, un terme existe pour qualifier les scènes explicitement sexuelles : « smut ». Hugo Roman s'en est saisi pour annoncer aux lectrices et lecteurs qu'un titre contient des scènes de sexe explicites, des sujets pouvant heurter la sensibilité (ce sont parfois de longues listes) ou encore de radicales interdictions au lectorat mineur.
Sarah Rivens, chef de file de la dark romance, lance la série Swan en juin chez HLab- Photo OLIVIER DIONPour télécharger ce document, vous devez d'abord acheter l'article correspondant.
En avril dernier, l'autrice française Azra Reed apparaissait à la 5e place du top Romans du classement NielsenIQ BookData/Livres Hebdo. Et parmi les livres les plus attendus de ce genre à scandale : le premier tome d'une nouvelle série, Swan, de la star de la dark romance Sarah Rivens (autrice de Captive) le 10 juin chez HLab. Le 1er juillet, la sortie en poche du premier tome des Oiseaux de la liberté d'Océane Ghanem chez Hugo Poche, ou encore, en septembre prochain, Pirate girls de Pénélope Douglas, le 2e tome de la série Hellbent, chez Black Ink.
Science-fiction : retour vers les futurs
Malgré une accalmie ces dernières années, le marché de la science-fiction retrouve des couleurs. En proposant des utopies à la place des dystopies, en s'appuyant sur les afrofuturismes, féminismes et en rééditant des classiques qui leur font écho, la SF se dirige vers un renouveau florissant. « C'est devenu compliqué de se projeter dans le futur, tant le présent ressemble déjà beaucoup aux imaginaires de science-fiction », déclare Frédéric Weil, directeur des éditions Mnémos, pour expliquer l'apparente baisse d'intérêt du public pour la science-fiction. En effet, le segment souffre d'une chute de 12 points sur le marché de l'imaginaire en 2025. Mais cette « chute » est-elle le signe d'un véritable déclin du genre ou traduit-elle une difficulté ponctuelle qui s'expliquerait bien davantage par le succès fou de la romantasy ?
La science-fiction est un segment qui avait pourtant fait la promesse de conquérir de nouveaux publics en 2022 et 2023, en développant notamment des sous-genres, à contre-courant de la traditionnelle dystopie : le hopepunk et le solarpunk, une science-fiction optimiste, lumineuse, bienveillante, écologiste, féministe. Parmi les grandes signatures de cette catégorie : Becky Chambers aux éditions de l'Atalante (L'espace d'un an ; Libration ; Apprendre, si par bonheur). La version poche de ses Histoires de moine et de robot sortira le 27 août chez la maison nantaise. Le 14 mai a paru aux éditions La Volte le titre Lucioles. 15 dénouements pour des futurs écologiques, signé par un collectif d'auteurs et autrices (parmi lesquels Wendy Delorme, Juliette Rousseau, Jean-Marc Ligny). L'éditeur, qui publie l'auteur à succès Alain Damasio, a également participé à un nouvel élan dans le genre : l'afrofuturisme, avec l'auteur de Té Mawon, de Michael Roch. Au diable vauvert (Trophée de la valorisation du fonds aux derniers Trophées de l'édition Livres Hebdo) contribue par son travail constant de traduction, de republication et de médiation à installer durablement l'œuvre d'Olivia E. Butler, pionnière de l'afrofuturisme, en France.
Si ces auteurs et autrices renouvellent bien le genre et bousculent les codes traditionnels de la science-fiction, la tendance de cette année 2026 est plutôt à chercher du côté des classiques. Il y a quelques semaines, les éditions Le Bélial lançaient une nouvelle collection, « Archives du futur », avec des titres de Jean-Pierre Andrevon et Alastair Reynolds. L'idée est de rééditer des récits phares devenus introuvables pour leur offrir une nouvelle visibilité et ainsi concocter une « bibliothèque idéale » de livres de science-fiction installés dans le genre. Chez Mnémos, c'est un classique de science-fiction féministe pour la première fois traduit en français qui ouvre la rentrée, entre critique sociale et réflexions sur le langage : Langue natale de Suzette Haden Elgin. Si les lectures classiques de la SF retrouvent leur public traditionnel, certaines découvertes et mises en avant, notamment des plumes féminines, participent de la transformation d'un segment qui pourrait rapidement connaître un nouvel âge d'or.
Des lectures qui rassurent
« L'automne sera cosy », selon Florence Lottin, directrice éditoriale des éditions J'ai lu, qui a repéré une tendance qui se confirme en fantasy, mais qui se décline également dans plusieurs autres genres, comme le polar (cosy mystery), la romance et, plus récemment, la SF. Dans sa collection « Nouveaux Millénaires », va paraître en septembre Le restaurant des robots rêveurs d'Annalee Newitz. « Quand le monde va mal, on recherche des histoires rassurantes », précise Florence Lottin. Il s'agit d'une lecture refuge, dite « doudou », où l'on suit les personnages dans un quotidien bousculé, mais dont on est assurés d'avance qu'il va s'améliorer. Ici, pas de violences, pas de retournement de situation radical, pas de scènes sexuelles explicites, mais des romans feel-good qui se déroulent dans des univers développés selon le genre qu'ils traversent (féerique, fantastique, futuriste, historique…), des personnages travaillés et des relations apaisées et bienveillantes entre les protagonistes.
Florence Lottin, directrice éditoriale de J'ai lu- Photo OLIVIER DIONPour télécharger ce document, vous devez d'abord acheter l'article correspondant.
Roman historique : au commencement était l’histoire
L'histoire séduit et fusionne avec le polar et la romance, mais se déplace aussi en littérature générale. Dans le top des ventes 2025 en littérature de genre (le roman policier mis à part), on observe plusieurs titres de romans historiques en tête. Le cercle du jour (Michel Lafon) et Les armes de la lumière (Le Livre de Poche) de Ken Follett, La fileuse de verre de Tracy Chevalier (Folio), autrice de La jeune fille à la perle (La Table ronde), Le grand voyant d'Héliopolis de Christian Jacq et Le masque et la lame de Mireille Calmel (XO)… de nombreux best-sellers appartiennent à ce genre. Les maisons qui les publient ont aussi un catalogue général, voire d'autres collections (Albin Michel, La Table ronde, Gallimard…), si bien que la fiction historique est un des genres qui se faufilent aisément en littérature blanche.
Si le polar raffole de faits historiques (de Pierre Lemaitre à Donna Leon), la romance, une nouvelle fois, est celle qui a ravivé le goût et l'intérêt du public pour l'histoire. La chronique des Bridgerton de Julia Quinn - qui met en scène une famille de la haute société londonienne pendant la Régence -, s'est vendue à près de 250 000 exemplaires chez J'ai lu en France. Bien sûr, le titre a été porté par son adaptation en série sur Netflix, mais elle a participé à une tendance qui ne semble pas avoir tari aujourd'hui.
Non seulement des sagas comme celle des Cazalet à la Table ronde ont, elles aussi, connu un succès fou sans accompagnement sur les écrans mais l'engouement pour le style de la romance historique a même inspiré à de jeunes éditrices la création d'une nouvelle maison, les poussant à se lancer dans ce genre en particulier, comme les éditions Jeanne & Juliette qui ne publient que des fresques historiques mettant en scène des héroïnes aux trajectoires remarquables. La maison, qui appartenait au groupe Anne Carrière, fait en ce moment sa transformation pour devenir indépendante (et sera désormais distribuée par la Sodis) dès l'automne prochain. Au programme : une plongée dans le Japon féodal avec La reine samouraï de Mizuki Hoka et un roman qui se déroule dans la Louisiane du XIXe siècle avec Cléophée. Les enchaînées de Virginie Bégaudeau.
Une de ses sorties prochaines, Les héritières de Langford de Lhattie Haniel, se déroule dans l'Angleterre du tout début du XIXe siècle. Morgane Moncomble, l'une des plumes les plus reconnues en romance française, a commencé une trilogie historique, Inheritance, en mars dernier avec La révolte de la reine.
Si ces rencontres entre les genres sont plus explicites avec le polar ou la romance, l'histoire est aussi très présente dans les récits contemporains dits de littérature blanche, et notamment dans les romans enquêtes à partir d'archives personnelles des auteurs eux-mêmes comme matière première pour élaborer leur texte. L'un des best-sellers de 2025, Mon vrai nom est Elisabeth d'Adéle Yon (Éditions du sous-sol), retrace, derrière l'histoire familiale, celle d'une époque et d'une psychiatrie particulièrement maltraitante à l'égard des femmes.
Littératures régionales : terroirs fertiles
Longtemps stigmatisés, les romans régionaux vivent désormais une période dynamique, faite de renouveaux. « On emploie toujours les guillemets pour parler de la littérature de terroir, car c'est un terme qui fait peur, alors qu'elle est pleine de richesses et a encore beaucoup à dire ! » rappelle Mélanie Trapateau. La responsable éditoriale de la collection tout juste rafraîchie « Ancrages » chez Calmann-Lévy parle de 2026 comme d'une année charnière. Fondée en 2010 par Jeannine Balland, cette collection autrefois appelée « Territoires » a changé de nom et de charte graphique cette année pour mieux correspondre à son évolution et aux différentes voix qui la portent aujourd'hui, et depuis sa création.
Alexandra Pastéris-Boucher, responsable éditoriale chez Deborée- Photo DRPour télécharger ce document, vous devez d'abord acheter l'article correspondant.
L'enjeu ? Sortir la littérature régionale de sa réputation surannée et lui redonner ses lettres de noblesse en la rendant davantage visible. Mais il s'agit aussi de découvrir de nouveaux auteurs et autrices qui puissent y trouver l'espace d'écrire sur leur rapport au territoire, sur leur vie et leur histoire en région, qui fait finalement écho à « la vie quotidienne de beaucoup de Français », précise Mélanie Trapateau. C'est pourquoi, en 2022, l'équipe d'« Ancrages » a créé le prix Jeune Talent et organise chaque année un appel à textes, notamment pour ouvrir le catalogue à de nouvelles plumes. C'est ainsi qu'ont été repérées les deux jeunes autrices au catalogue en avril et en juin : Sylvie Pérenne et son roman Mado des oiseaux - dans lequel elle décrit la nature vosgienne comme un refuge -, et Lola Haise-Gabriel, qui signe Âmes de paille, un huis clos familial en Bretagne aux accents gothiques. Tandis qu'en septembre, deux auteurs emblématiques de la collection sortent leur nouveau livre : Tel un oiseau blessé de Georges-Patrick Gleize et L'ombre des bohémiens d'Antonin Malroux.
« Beaucoup d'auteurs écrivent dans la veine régionale sans que cela soit toujours identifié, comme Marie-Hélène Lafon, Franck Bouysse ou encore Nicolas Mathieu », souligne Alexandra Pastéris-Boucher, responsable éditoriale de Deborée. Inscrite dans le paysage de la littérature régionale depuis plus de 30 ans avec la collection « Terres d'écriture », la maison cherche et publie aussi de nouveaux auteurs hors collection, notamment pour suivre l'évolution du lectorat : « Les lecteurs nés dans les années 1960-1970 ne cherchent pas les mêmes histoires que le public plus jeune ». Si les classiques rendent souvent compte d'époques lointaines, du XIXe aux années 1950, les jeunes plumes inscrivent leurs récits dans le présent ou un passé plus proche. Comme l'auteur du livre à paraître en septembre, Thomas Vernay, qui dans Fils de, développe un récit initiatique qui traverse dans le territoire de l'enfance le temps d'une journée, où l'on enterre le grand-père. Selon Alexandra Pastéris-Boucher, « ces nouvelles voix sont fidèles à la dimension ancrée et incarnée que porte traditionnellement la littérature régionale et lui apportent un nouveau souffle ».




