Libération devient magazine | Livres Hebdo

Le directeur adjoint de la rédaction de Libération détaille les contenus et les enjeux du nouveau journal du week-end et du nouveau site internet du quotidien.

Philippe Djian, Christine Angot, Robert McLiam Wilson et Marie Darrieussecq tiendront une chronique dans le nouveau Libération du samedi en kiosque le 14 septembre. Sylvain Bourmeau, directeur adjoint de la rédaction, nous en parle, ainsi que du nouveau site du quotidien en ligne le 9 septembre.


Livres Hebdo : Vous lancez le 9 septembre une nouvelle version du site de Libération. En quoi consiste cette refonte ?

Sylvain Bourmeau : Il s'agit d'une refonte totale du site qui datait de cinq ans, avec une mise en valeur des contenus spécifiques de Libération, plus que de dépêches. On restera réactif sur l'actu la plus chaude avec des dépêches, mais il s'agit surtout de mettre en valeur le contenu de qualité, de transposer le graphisme et le visuel de Libération, pour rester très proche de son identité. On retrouve la force de la Une et la politique de photo du quotidien. La rubrique culture retrouve toute son entièreté et la partie livres est mise en valeur, avec plus de critiques encore que dans le cahier livres du jeudi.


LH : Et dès le 14, vous lancez un nouveau Libération du samedi. En quoi sera-t-il différent du quotidien ?

SB : C'est un gros Libération de 64 pages plus épais, sur du papier plus blanc, mi-journal mi magazine. En décidant de faire un seul journal, nous avons pris le parti inverse des autres quotidiens, ceux qui ajoutent un magazine sur papier glacé à leur édition papier. Notre format ne s'y prête pas, nous ne sommes pas un journal plié. La maquette garde l'esprit du quotidien puisqu'elle signée Javier Errea, qui avait déjà réalisé la dernière formule du quotidien, il y a quatre ans, avec pas mal de photos, dont une sur la double page centrale, au coeur du cahier « Idées ». Le nouveau Libération du samedi concerne à la fois la culture et l'édition.

Nous avons beaucoup travaillé sur les rythmes du chemin de fer en alternant l'actualité du samedi traitée en formats courts et un magazine avec des articles plus longs qui s'intercalent. Il y aura toujours un événement, un dossier et des séquences monde, France, sport et économie, mais il y aura ensuite une partie « Idées » avec un grand entretien et des chroniques, puis une partie « culture » avec un guide culturel de cinq pages, également en ligne sur le net, dans lequel Libération présentera ses choix, notamment de livres. Tous les livres, y compris ceux dont on parle moins dans le journal, c'est à dire le poche, la BD ou les beaux livres.


LH : Pouvez-vous nous en dire plus sur les chroniques ?

SB : Marcela Iacub, pour une nouvelle série autour du sexe, et Stéphane Guillon, pour une chronique humoristique, seront chroniqueurs réguliers, ainsi que Mathieu Lindon. Il y a ensuite trois rubriques dont les chroniqueurs tournent : quatre écrivains (Philippe Djian, Christine Angot, Robert McLiam Wilson et Marie Darrieussecq) en alternance qui auront carte blanche sur leurs choix, quatre philosophes (Sandra Laugier, Frédéric Worms, Beatriz Preciado et Michaël Foessel) et quatre chercheurs en sciences humaines (Eric Fassin, Cyril Lemieux, Frédérique Aït-Touati et Leyla Dakhli). Par ailleurs l'auteur de Bandes dessinées Aude Picault nous fera une demi-page inédite chaque semaine.


LH : Pourquoi lancer un tel produit papier à l'heure où la presse se développe sur le net ?

SB : Nous verrons comment cela réagit mais l'idée est d'accentuer le mouvement pour que le journal soit un événement tous les samedis. On sent une évolution dans la façon d'aborder la presse, avec un découpage entre le numérique en semaine et le papier vers lequel on revient, avec des choses longues, bien écrites. Les lecteurs ont besoin d'analyses et d'approfondissements, ils ont du temps de lecture le week-end. La partie chaude est réduite au nécessaire.
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