16 août > Biographie France > Erik Orsenna

"De certains livres on dirait qu’ils vous ont choisi", écrit Erik Orsenna, citant par exemple L’Astrée d’Honoré d’Urfé ou Cent ans de solitude de García Márquez. Il aurait pu y ajouter les Fables de La Fontaine, à qui il dédie une biographie galopante, comme il l’avait déjà fait pour le jardinier André Le Nôtre. On sait l’académicien français fort à l’aise avec le XVIIe siècle, où il se sent chez lui.

L’origine de ce livre provient du feuilleton qu’Erik Orsenna va consacrer tout cet été à La Fontaine sur France Inter. Trente-cinq "pastilles" matinales de trois minutes, diffusées du 10 juillet au 15 août prochains et déjà enregistrées. Trois minutes à la radio, c’est long et c’est court. Alors, pour l’écrit, Orsenna a eu tout loisir d’étoffer son propos, de rajouter des fables, connues ou moins connues, comme L’écrevisse et sa fille, parmi les 243 que La Fontaine a composées. Au passage, ce conteur-né, ce pédagogue aimable glisse quelques anecdotes ou réflexions personnelles, souvent cocasses. Mais, plus gravement, il dresse le portrait d’un écrivain aussi illustre que méconnu, qu’il représente comme un "paria". A la fin de sa vie, ruiné, SDF, sans pension de Louis XIV qui ne lui a jamais pardonné sa fidélité à Fouquet, sans droits d’auteur (pour ça, il a fallu attendre Beaumarchais, en 1750), La Fontaine a sombré dans la bigoterie et la peur panique de l’Enfer, à cause de ses Contes licencieux. Orsenna en cite d’ailleurs quelques-uns. Un double régal. J.-C. P.

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