FRANCFORT 2016

"Après quatre années de crise, le marché du livre italien enregistre une légère reprise" a annoncé l’Association des éditeurs italiens (AIE) lors de sa traditionnelle conférence de presse à la Foire du livre de Francfort le mercredi 19 octobre 2016.

Le marché italien affiche une hausse de 0,5% en 2015, avec un chiffre d’affaires de 2,680 milliards d’euros (contre 2,558 milliards en 2014), et une production de 65000 titres papier et 63000 e-books. Le début d’année 2016 est aussi prometteur avec un premier semestre à +0,2% pour une production en hausse de 6,3% avec 32903 titres entre janvier et juin (contre 30961 pour le 1er semestre 2015) et une production d’e-books en augmentation de 54,4% (41538 titres contre 26908). Le nombre d’exemplaires vendus en 2015 est cependant en baisse de -2,9 % (soit 1,4 million en moins) mais dans une moindre mesure (elle était de -5 % en 2014).

Dans ce contexte, les secteurs les plus dynamiques sont l’édition pour la jeunesse, en bonne santé avec une augmentation de 16,9% de la production et de 7,9% du marché, le numérique avec une progression de 21% de la production, et la cession de droits, à +11,7%.

Les cessions des droits à l’international avec 5914 titres (soit 8% de la production totale) battent des records, selon l’association qui rappelle qu’elles portaient sur 1800 titres en 2001 et 4217 en 2010 avant la crise. Par conséquent, les auteurs italiens sont plus nombreux et les traductions sont tombées à 17,6% de la production en 2015 (11549 titres y compris les classiques et les auteurs dont les maisons ont déjà les droits) contre 23-24% en 2002-2003. Ce qui a amené l’AIE et l’agence de promotion à l’étranger et de l’internationalisation des entreprises italiennes (soutenu par le ministère de l’Economie italien) à faire participer davantage d’éditeurs italiens à la Foire de Francfort: ils sont 250 pour cette 68e édition.

Le marché des e-books est à 4,2% 

Au total, 906481 titres papier (+5,2% par rapport à 2014) et 227000 e-books (+43,4% par rapport à 2014) sont disponibles pour les lecteurs italiens. 62544 e-books ont été produits en 2015 contre 51692 en 2014 (+21%)pour des ventes totales qui s'élèvent à 51 millions d’euros, soit 4,2% du marché total du livre. L’ensemble du numérique (ebook, bases de données et services en ligne pour les professionnels) atteint 279 millions d’euros (en hausse de 16,9% par rapport à 2014) et 11% du marché.   

La librairie (traditionnelles et chaînes) représente toujours 72, 2% du marché, avec une reprise des librairies familiales (31%). Les librairies en ligne restent stables et rejoignent la grande distribution (13,9% chacune).

Mais regrette l’AIE, le taux de lecture en Italie – 42 % – reste l’un des plus faibles devant "les 62,2% de l’Espagne, les 69% de la France, les 68,7% de l’Allemagne, les 73% des Etats-Unis, les 84% du Canada, les 86% de la Belgique et les 90% de la Norvège" s’indigne l’association.
"Nous travaillons sur ce problème et nous investissons sur les foires, sur l’internationalisation de notre production et sur la visibilité de nos maisons d’édition" a commenté Federico Motta, président de l’AIE, qui a cité le projet Aldus, qui met en réseau les différentes foires du livre et les professionnels, et l’opération #ioleggoperché ("je lis parce que"), qui se déroule du 22 au 30 octobre avec pour objectif de "développer dans toute l’Italie les bibliothèques dans les écoles et dans les entreprises pour rendre quotidien le rapport aux livres".
"La classe dirigeante ne lit toujours pas et 38,6% des dirigeants, entrepreneurs et professions libérales déclarent n’avoir lu aucun livre dans l’année" se désole encore l’association dans son rapport.

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