Grand Prix des Librairies 2026

[Le libraire de l’année] Julie Rémy, pour La Cour des grands et Le Préau à Metz (2/5)

Julie Rémy, gérante des librairies La Cour des grands et Le Préau, à Metz - Photo DR

[Le libraire de l’année] Julie Rémy, pour La Cour des grands et Le Préau à Metz (2/5)

Tous les jours cette semaine, Livres Hebdo présente l’un des nommés à l’élection du prix du libraire de l’année 2026, pour laquelle nos lecteurs sont appelés à voter. Aujourd’hui, Julie Rémy pour La Cour des grands à Metz (Moselle). Son but ? Accompagner le parcours des lecteurs petits et grands en cumulant ce poste à celui de directrice du Préau, une librairie jeunesse située juste en face de la Cour des grands.

Par Léon Cattan
Créé le 29.06.2026 à 16h00

À l’intérieur de la librairie messine La Cour des grands, le regard se tourne vers le plafond, où des ouvrages pendent au bout d’un fil. « On l’a fait avant Instagram ! sourit Julie Rémy, directrice de l’enseigne depuis 2009. J’ai recouvert le plafond avec des plaques de métal à la main, car il n’était pas très beau. »

Mais attention, il ne s’agit pas d’une simple décoration ; les livres suspendus sont « des coups de cœur ». Et les coups de cœur, cette ancienne fiscaliste, qui tient également la librairie Le Préau, y tient. En plus de rédiger avec soin les notes accompagnant les livres, pensées comme « un parcours », elle rédige des critiques dans la revue du réseau indépendant de librairies qu’elle préside depuis 2020, Initiales.

D'une génération à l'autre

La carrière de libraire de Julie Rémy se joue il y a près de 20 ans quand elle apprend au détour d’une conversation la future revente du Préau, librairie jeunesse existant depuis les années 1980. Il se dit que sa fondatrice, Pierrette Mathieu, part à la retraite. En pleine reconversion professionnelle après une carrière juridique, Julie Rémy, en recherche de sens, prend contact avec elle et rachète l’enseigne à 29 ans. La cour des grands, située dans la même rue, se créera dans la foulée.

« C’était l’idée de Pierrette, explique Julie Rémy. Le Préau accompagne les jeunes lecteurs, mais on ne sait pas ce qu’ils deviennent une fois adultes. Parfois, on les voit revenir en tant que parents ou grands-parents, mais Pierrette voulait creuser l’idée. Voir comment les plantes ont poussé en somme ! »

Retour aux sources

Voilà comment Julie Rémy s’est retrouvée à la tête du Préau et de La Cour des grands. Un nouveau chapitre qui s’écrit… Et un retour aux racines. En effet, la libraire se place dans la lignée de ses arrière-grands-pères, qui ont fait l’acquisition, en 1873, de l’enseigne Even, aujourd’hui connue sous le nom Hisler. Passée de génération en génération, Even passera entre d’autres mains alors que Julie Rémy a 14 ans. Elle se dirigera néanmoins vers des études de droit fiscal à Nancy à l'âge adulte. « Même si j’avais cet héritage, quand on est enfant, on ne souhaite pas forcément imiter ses parents. »

Et même si elle y est revenue, Julie Rémy entend bien se démarquer : « Mon père et mon grand-père dirigeaient une grande librairie, qui nécessitait un temps particulier accordé à la gestion du personnel, la direction, etc., raconte-t-elle. Je voulais réduire l’échelle pour pouvoir lire et conseiller. » Elle ajoute : « La critique est au cœur de notre métier. »

C’est pourquoi elle tient particulièrement au réseau Initiatives, qui existe depuis presque 30 ans et englobe un peu plus d’une cinquantaine de libraires. L’association possède même un magazine papier, qui compte 23 numéros et est offert aux clients des diverses enseignes du réseau. « Nous y défendons des collections, des traductions, ça peut aller d’un focus sur la collection de Xavier Barral dédiée aux oiseaux à la place de la francophonie dans le catalogue des éditions Sabine Wespieser, détaille Julie Rémy. Nous avons aussi notre propre distinction saluant le travail d’un éditeur, le prix Mémorable. » Qui a dit que la critique était réservée aux journalistes ?

Le libraire de l'année 2026

 

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