Bilan 2020

L'année 2020 en 11 mots clés

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L'année 2020 en 11 mots clés

2020 a mis en lumière de nouveaux mots et de nouvelles expressions, fait ressurgir de nouveaux noms et prolonger de vieux feuilletons. L'actualité de l'année résumée en douze points.

Par Vincy Thomas,
Créé le 24.12.2020 à 10h00,
Mis à jour le 24.12.2020 à 10h00

CORONAVIRUS
Cette satanée Covid-19 aura été mortelle. Plus de 1,7 millions de décès (officiels) dans le monde. Au point de perturber le quotidien de chacun, de stopper l'économie et de chambouler les sociétés. Outre l'impact sur le secteur du livre, ce virus a été le sujet de plusieurs livres écrits à chauds, pédagogiques pour les enfants comme polémiques par certains médecins. Plus de 300 livres ont traité de la pandémie et de la Covid-19 cette année.

CONFINEMENT & RECONFINEMENT
Inédit en temps de paix, des nations entières, de grandes métropoles ou des régions ont appris cette notion "d'enfermement" chez soi. Les sorties sont limitées et contraintes. Les loisirs se font à domicile. La créativité doit s'adapter, tout comme le travail, qui se mue en "télétravail". Le confinement, c'était aussi la fermeture des librairies, jugées "non essentielles", des bibliothèques, l'annulation, le report ou la "virtualisation" des festivals et des salons. Cette bascule dans le virtuel et ce bousculement des habitudes laisseront-ils des traces durables? Est-ce que Teams, Zoom et autres webinaires ont vocation à perdurer? Une chose est certaine, la pratique d'activités culturelles et la lecture ont été parmi les gagnants de ce temps disponible.

CLICK AND COLLECT
Jusqu'ici, la pratique était marginale, même si elle était au cœur de la stratégie du groupe Fnac depuis quelques années. Avec la fermeture imposée des librairies et des bibliothèques, le "cliquer et emporter" s'est progressivement installé comme un nouveau circuit de ventes ou de prêts. Cette alliance entre le numérique et le physique, pas encore très anticipée en avril, est devenue cruciale et s'est étendue en novembre. La librairie a pu, grâce à son respect des règles sanitaires et sa capacité d'adaptation, mais aussi grâce à sa mobilisation, devenir un enjeu national, au point de devenir un commerce "essentiel" aux yeux des Français.

AFFAIRE MATZNEFF
Fin décembre 2019, Le consentement, récit de la jeunesse de l'éditrice Vanessa Springora (Grasset), créé l'événement avant même sa sortie. Outre le succès du livre et la visibilité de l'écrivaine - 140000 exemplaires, Grand prix des lectrices de Elle, Trophée de la meilleure autrice de l'année -, ce témoignage a déclenché la première grande affaire #MeToo du secteur du livre. L'écrivain Gabriel Matzneff est mis sur le ban des accusés, ses livres retirés de la vente. Sa pédophilie si longtemps tolérée est devenue inacceptable. Toutes ses amitiés complices sont révélées, jusqu'à entraîné la chute de Christophe Girard, adjoint à la Culture de la maire de Paris.

ROSELYNE BACHELOT
Au début de l'été, le ministère de la Culture change pour la sixième fois en sept ans de locataire. Roselyne Bachelot, pourtant retirée de la vie politique, accepte le poste alors que le secteur est en pleine crise existentielle et économique. Son poids politique et médiatique lui assure une visibilité certaine. Combattive, ancienne ministre de la Santé, elle est dans une position d'équilibriste entre les exigences sanitaires, la pression de la profession et une calinôthérapie permanente. Elle obtient quelques victoires: la réouverture des librairies en novembre, davantage d'aides financières, la réduction des tarifs postaux, ...

PLAN DE RELANCE
Auteurs, festivals, librairies, éditeurs, bibliothèques... tout le secteur a été concerné par les aides de l'Etat, des régions, des villes pour amortir le choc de la crise économique et éviter les faillites. Sans omettre les Prêts garantis par l'Etat, dont le groupe Fnac-Darty a été le premier gros bénéficiaire. Le gouvernement a prolongé une grande partie des mesures pour 2021. De la numérisation des librairies aux rémunérations compensatoires des auteurs, l'enveloppe globale est à la fois conséquente mais souvent jugée insuffisante.

RENTRÉE LITTÉRAIRE
Elle ne fut pas comme les autres: moins de titres, et notamment moins de premiers romans, pour commencer. Ensuite, seules quelques plumes-stars ont réussi à percer dans les meilleures ventes - Emmanuel Carrère, Amélie Nothomb, ... - avant que les prix littéraires ne "boostent" celles de Tiffany McDaniel puis de Serge Joncour, Hervé Le Tellier ou encore Marie-Hélène Lafon. Mais, à cause du confinement, la Rentrée a vu l'arrivée de romans populaires, comme ceux de Ken Follett ou de Marc Levy, et de polars (Norek, Chattam, ...) s'imposer dans les rayons.

FAIT MAISON
Le confinement a eu quelques effets sur les centres d'intérêt des lecteurs. Les guides touristiques nous évadant à l'autre bout du monde n'ont plus trouver preneurs. En revanche, le développement personnel, le yoga, la méditation sont tendance. Mais c'est avant tout la cuisine qui fédère les Français. Les recettes maison s'arrache, à commencer par l'un des phénomènes de ventes de l'année, celles de Cyril Lignac (Fait maison, La Martinière) qui aura publié trois livres entre juin et décembre, dépassant le million d'exmplaires vendus.

BLACK LIVES MATTER
La mort de George Floyd, citoyen afro-américain, par strangulation, en pleine rue, écrasé par le genou d'un policier, a déclenché une vague de manifestations et de protestations sur toute la planète. La dénonciation d'un racisme systémique aux Etats-Unis, en pleine campagne électorale présidentielle, a fait écho à un racisme plus globalisé et des violences policières contestées dans les démocraties occidentales. La mobilisation a touché le secteur du Livre: éditeurs, auteurs, pouvoirs publics ont tous pris conscience que la discrimination envers les minorités était un enjeu essentiel des prochaines années.

AMAZON
Jeff Bezos peut s'enorgueillir d'être ) la tête de la plus grande fortune du monde. Le confinement a largement aidé son groupe, Amazon, à devenir indispensable à défaut d'être essentiel. Roi de la livraison à domicile, son poids économique inquiète de plus en plus et tend à crisper la concurrence comme les élus. Après une grève en France, liée aux conditions de travail dans ses entrepôts, pesant sur ses résultats lors du premier confinement, Amazon a du se défendre en novembre avec une communication calculée mais peu convaincante. Ses projets de centres de tri sont de plus en plus contestés, jugés écocides, son impact sur l'économie et notamment le commerce de centre-ville, est fortement critiqué. Amazon a même du plier devant le gouvernement en reportant son "Black Friday". Désormais épouvantail emblématique, Amazon est en plus attaqué par la Commission européenne pour ses pratiques anti-concurrentielles sur sa place de marché.

LAGARDERE
Ce fut le feuilleton de l'année. Un soap-opéra à rebondissements entre grandes fortunes, tribunaux et communiqués de presse pour une bataille de pouvoirs au sein du propriétaire d'Hachette. D'un côté, Arnaud Lagardère, héritier et patron du groupe, qui s'est associé à Bernard Arnault (LVMH), pour contrecarrer les ambitions du fonds Amber Capital et de Vincent Bolloré (Vivendi, propriétaire d'Editis). Ces deux derniers ont désormais près de 44% du capital de cette société en commandite, sans avoir de représentants au conseil de surveillance. Derrière pointent de nombreuses inquiétudes: le dépeçage d'Hachette ou le rapprochement avec Editis, selon les hypothèses en cours. Arnaud Lagardère a, pendant ce temps, conservé la gérance de son groupe.




 

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