L’Animal, nouvelle maison d’édition indépendante consacrée à la littérature noire, publiera son premier ouvrage le 6 mai. Fondée par Noëlle Meimaroglou, également directrice des éditions Hermann, qui fêtent leurs 150 ans cette année, la structure revendique une identité distincte.
« Il n’y aura pas de confusion entre les deux maisons. Ce sont deux lignes éditoriales à part entière, avec des équipes et des circuits de diffusion différents », souligne l’éditrice interrogée par Livres Hebdo.
Si les deux entités sont diffusées par Hachette, elles le sont chacune par leurs propres équipes : une structure dédiée à la littérature générale pour L’Animal, tandis qu’Hermann reste associé à UpDiff.
Un premier thriller le 6 mai
Le lancement de la maison s’accompagne de la parution, le 6 mai, de son premier titre, Anthropodermia, signé Frédérique Molay, lauréate du prix du Quai des Orfèvres en 2007 pour La 7e femme (Fayard).
Le thriller met en scène une enquête menée en France par un homme du président et une commissaire de la brigade criminelle après la mort suspecte d’une jeune femme. L’affaire les conduit sur la piste d’un trafic d’œuvres d’art lié à la mafia russe, dans une course contre la montre pour éviter un scandale d’État. Le premier tirage est fixé à 8 000 exemplaires.
Une maison autonome portée par une éditrice expérimentée
Avant de rejoindre Hermann en 2024, Noëlle Meimaroglou a effectué l’essentiel de sa carrière dans de grandes maisons d’édition. Elle a notamment travaillé chez Flammarion, où elle a dirigé Arthaud puis le pôle poche du département savoir pendant 15 ans.
Elle a ensuite rejoint Fayard pour développer la non-fiction grand public et participer à la relance des éditions Mazarine, avant de diriger Le Cherche Midi, puis de poursuivre son parcours chez Robert Laffont.
La création de L’Animal s’inscrit dans la continuité de ce parcours. « Arthur Cohen (président des éditions Hermann, ndlr) a vu que j’avais cette casquette non-fiction, grand public », explique-t-elle. La maison prévoit la publication d’environ cinq titres par an.
Une conception élargie du « noir »
Avec L’Animal, Noëlle Meimaroglou entend s’inscrire dans une définition large de la littérature de genre. « J’ai voulu partir sur du noir plutôt que sur du polar au sens strict », précise-t-elle.
Thriller, roman d’espionnage ou récit historique ont ainsi vocation à intégrer le catalogue. « Ce qui m’intéresse, ce n’est pas seulement l’enquête en tant que mécanique, mais le fait qu’il se produit quelque chose qu’on ne comprend pas, et que la réalité semble dissimulée », poursuit l’éditrice.
Le nom de la maison renvoie à la notion d’anima, l’âme, et à une réflexion sur les tensions entre apparence et vérité. « Qui, de celui qui a les griffes ou de celui qui a une âme noire, est le plus dangereux ? », interroge la fondatrice.
Un programme éditorial resserré
Après ce premier titre, la maison publiera notamment Navré, de Raphaël Jerusalmy, un roman historique construit autour d’un événement inexpliqué survenu après une exposition universelle. « C’est un roman très ancré dans son époque », précise Noëlle Meimaroglou.
Une collection intitulée « Service action » sera lancée à la rentrée, avec deux titres par an en prise avec l’actualité. Elle s’ouvrira avec La marque des esclaves, de Vincent Crouzet, attendu le 16 septembre.
« Je ne cherche pas à innover pour innover »
Sur le plan formel, L’Animal revendique une approche sobre, tant dans la construction des textes que dans leur présentation. « Je ne cherche pas à innover pour innover. Je veux des livres bien construits, avec une vraie architecture narrative », conclut l’éditrice.
