Disparition

La Sardaigne pleure une de ses plus fières représentantes. Michela Murgia, romancière de 51 ans, a disparu le 10 août à Rome, des suites d’un cancer du rein. Éditée par le Seuil en France, elle a publié 11 romans en Italie, dont trois ont été traduits.

Michela Murgia n’était pas de ceux qui grandissent dans la société lettrée. Née dans la commune de Cabras où elle reçut une formation technique, elle dût enchaîner les petits boulots pour survivre. Son premier roman, Le monde doit savoir (2006), témoigne de cette existence précaire et dépeint le quotidien des opérateurs d’un centre d’appel. Michela Murgia avait ensuite publié un guide touristique de la Sardaigne.

La Sardaigne sous toutes les coutures

L’île méditerranéennes parsemée de ruines revient ponctuellement dans l’œuvre de Michela Murgia. Une Sardaigne des années 1950 dans Accabadora, paru en France en 2011 (Seuil, trad. Nathalie Bauer), ou des années 1980 dans La Guerre des saints (2013). Le premier creuse le sujet douloureux de l’euthanasie à travers la relation d’une couturière à son apprenti, et lui a valu le prix Campiello 2010 et le prix Page des libraires 2011. Le second traite des conflits religieux.

Leçons pour un jeune fauve, son avant-dernier roman édité par Seuil en 2017, remet la question de la transmission au cœur de l’intrigue : celle d’une comédienne, Eleonora, vers un jeune musicien virtuose, Chirù. Reste à savoir si Futuro Interiore, son ultime ouvrage publié en Italie en 2016, sera traduit lui aussi.

 

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