rentrée littéraire 2020

La rentrée par thèmes : héros de l'Histoire

Heloise Guay de Bellissen - Photo ARNAUD MEYER/LEEXTRA/ROBERT LAFFONT

La rentrée par thèmes : héros de l'Histoire

Chaque vendredi, Livres Hebdo vous propose de découvrir la prochaine rentrée littéraire par ses thèmes les plus marquants.

Par Nicolas Turcev,
Créé le 14.08.2020 à 19h37,
Mis à jour le 14.08.2020 à 20h00

Pour conclure sa série d'été consacrée aux thèmes marquants de la rentrée littéraire, Livres Hebdo se penche sur les romans qui mettent en scène des figures historiques. Ou comment, finalement, les écrivains se plaisent à faire du neuf avec du vieux.

Car les romanciers n'ont pas l'ambition documentaire des historiens ni la visée théorique des anthropologues. Plutôt, comme l'illustrent les romans présentés plus bas, l'Histoire leur fournit un point d'appui pour former des récits qui éclairent notre époque, lui confèrent du relief et de la perspective, révèlent quelles parts de son imaginaire sont tissées des fils du passé – et quels sentiments cette mémoire véhicule. Et il n'est pas de grandes histoires sans grands personnages pour les incarner.

L'empereur

Peut-être le plus célèbre d'entre eux, l'empereur Napoléon Bonaparte fait l'objet de trois romans. Dans L'ultime combat de Napoléon : le nouveau chemin (Ginkgo, octobre), Samuel Cazenave met en scène un empereur torturé par une série de questionnements intimes et philosophiques relatifs à l'urgence écologique et à la mort.

Never mind de Gwenaële Robert (Robert Laffont, août), romance l'attentat de la rue Saint-Nicaise en 1800 et ses conséquences. L'événement qui faillit faucher la vie du Premier Consul est imputé aux jacobins. Le ministre Fouché mène l'enquête. Chez De Borée, Le hussard fou de Napoléon de Gilles de Becdelièvre (août), retrace la vie et le parcours de Charles de Lasalle, général de division de la cavalerie légère, éperdument attaché à l'empereur.

L'entourage des chefs d'Etat

Du reste, outre le petit Caporal, les dirigeants de l'Histoire n'ont pas la côte en cette rentrée littéraire. Seul le dictateur fasciste Benito Mussolini fait l'objet d'une biographie romancée, M, le fils du siècle d'Antonio Scurati (Les Arènes, traduit de l'italien, août).

En revanche, l'entourage des chefs d'Etat a attisé la curiosité des prosateurs. Les tourterelles de Tyr de Danielle Berrut (Pierre Philippe, octobre) revient sur le destin de Jézabel, femme du roi d'Israël Achab (-874 à -853 av. J.-C.) et sa fille Athalie, décriés dans la Bible. Du côté des éditions Jourdan, Moi, Anne de Bretagne d'Eric Leclercq (août) retrace la vie de la reine de France, Anne de Bretagne, épouse de Charles VIII. Le romancier Michel Labonne a, lui, jeté son dévolu sur l'architecte Sébastien Le Prestre de Vauban, ingénieur respecté au service du Roi-Soleil, dont il raconte le parcours dans Le vagabond du roi (De Borée, août).

Les artistes intemporels

La rentrée littéraire sera aussi l'occasion de croiser quelques personnages marquants du monde de la culture et des arts tels que l'écrivaine Mary Shelley (Un été de neige et de cendre de Guinevere Glasturd, traduit de l'anglais, Prélude, septembre), les célèbres amants Frédéric Chopin et George Sand (Le retour de Majorque de Jean-Yves Clément, Pierre-Guillaume de Roux, septembre) ou encore l'actrice hollywoodienne Hedy Lamarr (La femme qui en savait trop de Marie Benedict, traduit de l'anglais, Presses de la cité, octobre).

Mort dans des circonstances suspectes, l'américain Emanuel Haldeman-Julius, à qui l'on doit l'invention du livre de poche, fait l'objet d'une biographie romancée au nom à rallonge : La très mirifique et déchirante histoire de l'homme qui inventa le livre de poche, de Rolf Potts (Inculte, traduit de l'anglais par Mathilde Helleu, octobre). Sa contemporaine et compatriote, la poétesse Dorothy Parker, victime du maccarthysme et scénariste pour Hollywood est le personnage central du premier roman de Camille Jeunet-Mancy, La traversée de Dorothy Parker (Prisma, octobre).

Hommage aux scientifiques

Enfin, il serait cruel d'oublier les hommes et les femmes qui par leurs découvertes scientifiques ont accéléré la marche de l'Histoire. Le dernier inventeur d'Héloïse Guay de Bellissen (Robert Laffont, août) rend hommage à Simon Coencas, mort en février dernier. Il était l'un des garçons qui a découvert la grotte de Lascaux en 1940. Elle aussi a vécu dans l'ombre de ses découvertes : l'entomologiste américaine Mary Treat, proche de Darwin et de ses théories, est l'un des deux principaux personnages des Vies à découvert de Barbara Kingsolver (Rivages, traduit de l'anglais par Martine Aubert, août).

Pendant que la scientifique menait ses recherches sur les insectes, l'explorateur écossais David Livingstone trouvait la mort en 1873 lors d'une expédition pour trouver les sources du Nil. Hors des ténèbres, une lumière éclatante de Petina Gappah (Lattès, traduit de l'anglais par Pierre Guglielmina, octobre), raconte comment la dépouille du héros britannique a pu être rapatriée en Angleterre grâce à des hommes et des femmes africains.

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