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Paméla Ferra Cabrillat, L'envers et l'endroit (Blanquefort) : « C'était ça ou mourir ne peut que bouleverser »
Paméla Ferra Cabrillat indique ne plus avoir le premier roman de Thélyson Orélien en stock. « Comme de nombreuses librairies. » La gérante de L'envers et l'endroit à Blanquefort ne tarit pas d'éloges pour C'était ça ou mourir (Grasset). « Avec sa langue incroyable, ce livre ne peut que bouleverser », assure-t-elle. Baignade surveillée de Laura Kasischke (traduit par Céline Leroy, Gallimard) remporte également ses faveurs pour « sa manière de décortiquer un drame avec une pluralité de voix ». Au rayon francophone, elle défend également le « rafraîchissant » Ce qui se joue de Caroline Hinault (Rouergue, 4e). « Mon plus gros coup de cœur. L'autrice signe un texte très humain sur la relation entre le monde enseignant et les élèves », explique-t-elle. La libraire salue aussi le « très complet » Congés payés de Tiffany Tavernier (Sabine Wespieser, 15e), le « magnétique » De l'autre côté du lac de Sylvain Prudhomme (Minuit, 9e) ou encore Le garçon ébloui de Xavier Le Clerc (Gallimard). Elle a également remarqué le « premier roman foisonnant et assez fou » de Maxim Schwartz (Le dernier présage de Victoria Woodhull, Philippe Rey) ainsi que celui de Michele Ruol (Inventaire de ce qu'il reste après que la forêt a brûlé, Le Tripode). Elle a aussi apprécié retrouver les plumes de Polina Panassenko (À voix haute, L'Olivier, 11e) et Julia Kerninon (La dernière des Wilberforce, L'Iconoclaste, 3e). Si elle déplore « les affres de la surproduction », Paméla Ferra Cabrillat salue néanmoins une rentrée qui, sans « énorme tête d'affiche qui risque de focaliser toute l'attention, laisse plus de place à l'exploration, la découverte et l'échange avec les libraires ».
Benoît Lacoste, Aux feuilles volantes (Saint-Paul-lès-Dax) : « Baignade surveillée m'a amené jusqu'au vertige »
Benoît Lacoste n'a pas ménagé ses efforts pour faire connaître C'était ça ou mourir de Thélyson Orélien (Grasset). « Découvert début juin, ce livre est mon coup de cœur du cœur pour son sujet et la beauté de son texte. Je l'ai recommandé et fait lire à tout le monde », assure-t-il. Si bien que le premier roman de l'auteur québécois est sans aucun doute « sa meilleure vente ». Le gérant d'Aux feuilles volantes à Saint-Paul-lès-Dax se dit également « émerveillé » par Nous aussi d'Anne Godard (Actes Sud, 14e) dont « la retenue dans la langue donne toute sa puissance et sa force au texte ». Après avoir défendu Acide de Victor Dumiot (Bouquins) en 2023, il salue « la violence de l'écriture nerveuse et frontale » que l'auteur déploie dans Lola va mourir (Calmann-Lévy). Benoît Lacoste évoque aussi sa « curieuse envie » de défendre Paradisi gloria d'Élise Lespade (Le Cercle ouvert) récompensé du prix Stanislas. « Ce premier roman est à la fois démesuré et exigeant tout en portant une ambition romanesque. Il donne l'impression d'être happé et essoré par le tambour d'une machine à laver », affirme-t-il. Au rayon de la littérature traduite, il est « grand fan » de Laura Kasischke, dont il attendait Baignade surveillée (Gallimard), qui l'a amené « jusqu'au vertige ». Pour autant, Benoît Lacoste entend mettre en avant des premières traductions comme « l'épatant » Ici, maintenant de Tom Newlands (traduit par Anatole Pons-Reumaux et Marguerite Capelle, Métailié, 4e) ou encore Les brebis égarées de Madeline Cash (traduit par Barbara Tajan et Alexandre Civico, Denoël, 6e) qui propose une « belle alliance entre la cruauté douce et la fraîcheur ». Lui aussi note une « très belle rentrée horizontale sans mastodonte » qui lui permet de jouer pleinement son rôle de libraire. Celui de « continuer à lire, choisir et transmettre ce goût de la lecture et de l'évasion ».
Solveig Touzé, La nuit des temps (Rennes) : « Trois petits chats est une belle entrée en matière »
« Nous avons lu de nombreux textes bons et plaisants mais peu de choses excellentes, remarque Solveig Touzé. Certaines rentrées portent des titres très romanesques et littéraires qui se démarquent et que nous pouvons très facilement conseiller. Je pense notamment à Betty de Tiffany McDaniel (traduit de l'anglais par François Happe, Gallmeister, 2020) ou Les marins ne savent pas nager de Dominique Scali (La Peuplade, 2022). Cette année, nous n'avons pas retrouvé ce sentiment. » Pour autant, la cogérante de La nuit des temps à Rennes a aimé découvrir Trois petits chats, le premier roman d'Elisa Routa (Bayard). « C'est le premier texte que j'ai lu et c'était une belle entrée en matière. L'écriture en vers libre est percutante et délicate alors qu'elle aborde un sujet difficile », s'enthousiasme la libraire. Solveig Touzé loue également le premier roman traduit de Madeline Cash (Les brebis égarées, traduit par Barbara Tajan et Alexandre Civico, Denoël, 6e du classement de littérature traduite), qu'elle trouve « malin et divertissant ». Déjà « séduite » par Les nuits bleues d'Anne-Fleur Multon (L'Observatoire, 2022), la libraire salue « l'écriture assez inventive et poétique » du nouveau roman de l'autrice Du côté des fantômes (L'Observatoire). Deux titres du catalogue de Castor Astral remportent aussi ses faveurs : Jours sous soleil d'Alix Lerasle, qui « se démarque par sa forme », et Je me demande pourquoi on ne peut pas dire non, tout simplement d'Hollie McNish (traduit par Virginie Trachsler). La nuit des temps défend également Baignade surveillée de Laura Kasischke (traduit par Céline Leroy, Gallimard), « coup de cœur » de Jérôme Saliou, Lázár de Nelio Biedermann (Belfond, traduit par Rose Labourie) et Dents noires et sourire radieux d'Adelle Stripe (traduit par Claire Charrier, Le Typhon).
Maria Ferragu, Le Passeur de l'Isle (L'Isle-sur-la-Sorgue) : « De l'autre côté du lac apaise »
Depuis trois ans, Le Passeur de l'Isle à L'Isle-sur-la-Sorgue organise son prix des lecteurs. Dans la sélection cette année, dont les résultats seront dévoilés début 2027 : quatre titres en commun avec le Palmarès des libraires Livres Hebdo des libraires. La libraire Maria Ferragu affirme avoir été « beaucoup touchée » par le Sylvain Prudhomme. L'auteur « propose un texte qui fait du bien, éloigné du fracas du monde, qui apaise ». Elle salue également la plume de Thélyson Orélien : « C'était ça ou mourir est un grand texte à l'écriture complètement dingue. » Maria Ferragu a été « captivée » par Mais que fait ce sang sur le pull de Jennifer ? de Lucie Rico qu'elle a lu « en un après-midi ». Elle a découvert Sophie Divry avec Rochebrune (Actes Sud, 7e). « J'ai envie de lire ses autres livres », dit-elle. Maria Ferragu défend également Le mur de Christian Guay-Poliquin (La Peuplade), le « grand roman d'aventures » Le palais de François-Henri Désérable (Gallimard, 5e) ou encore Marion Brunet, dont elle trouve qu'elle « grandit avec ses livres ». En littérature traduite, Le Passeur de l'Isle met certes en avant Lázár de Nelio Biedermann mais aussi Baignade surveillée de Laura Kasischke (traduit par Céline Leroy, Gallimard, 1er du classement), Heartwood d'Amity Gaige (traduit par Juliane Nivelt, Gallmeister, 9e), Les noms de Feliza de Juan Gabriel Vásquez (traduit par Isabelle Gugnon, Le Seuil, 10e), Les lieux souterrains de Gustavo Faverón Patriau (traduit par Robert Amutio, Bourgois, 14e), ou encore Allumettes du croate Jurica Pavičić (traduit par Olivier Lannuzel, Agullo). En cette rentrée, et comme ses collègues, Maria Ferragu apprécie que « les jeux ne soient pas faits. L'arrivée de nouvelles voix et de plumes qui se confirment amène un souffle nouveau. Ceci est réjouissant : nos coups de cœur vont avoir de l'importance ».
