On peut vivre dans le cratère d’une planète volcanique aux pluies acides mortelles et cultiver son jardin, s’interroger sur le sens de la vie et même tomber amoureuse. C’est ce qui arrive à Cora et Signy, habitantes de la planète Fortune puis de Cypséla, un caillou perdu dans l’espace colonisé par une parcelle d’humanité.
Navigatrice sur un rorqual interstellaire – un animal de l’espace grand comme un ferry avec qui elle entretient une amitié télépathique et dangereuse pour sa santé –, Cora effectue la navette entre les différentes planètes du système d’Aurum. Sa rencontre avec Signy, une pépiniériste renfermée qui mène en parallèle une petite activité de dealeuse de produits pharmaceutiques interdits, est le point de départ d'À ton éveil, fends la cosse. L’idylle entre les deux femmes se transforme en une histoire d’amour profonde et paisible.
Bienveillance et douceur
Dans ce roman au titre poétiquement évocateur, il n’est pas encore question de civilisation galactique à la manière d’Asimov ou de Star Wars. Les premiers humains de Fortune sont arrivés sous forme d’embryons cultivés par des robots dans le cadre d’un programme de colonisation mis en place par l’Alliance commerciale Orion-Cygne, une firme dont on ne sait pas grand-chose si ce n’est qu’elle a fourni les matériaux nécessaires et un Manuel pour accompagner leurs premiers pas.
Quelques générations plus tard, ces graines d’humain ont bel et bien « fendu la cosse » et essaimé dans le système d’Aurum, étoile où gravitent quelques planètes plus ou moins accueillantes. Elles y vivent coupées du reste de l’humanité et conservent de la Terre originaire un souvenir relativement indifférent.
Figure mondialement reconnue de la SF positive, Becky Chambers signe avec le premier tome de ce diptyque un texte tout de bienveillance et de douceur, ses marques de fabrique. Elle y raconte la banalité – et la beauté simple – de la vie quotidienne, même dans un univers hostile.