À l'heure de la désinformation, de la crise médiatique et de l'instrumentalisation de la culture, la rentrée interroge comme rarement la construction des histoires qui façonnent le débat public. Dans D'abord, ils sont venus chercher les mots (Les Arènes), Cécile Alduy relate le basculement de la démocratie américaine sous Donald Trump à travers la bataille du langage. Marion Solletty lève le voile sur les campagnes d'ingérence et de désinformation russe en Europe dans Les agents du chaos (Denoël). Claire Touzard dénonce les récits dominants du pouvoir néolibéral dans Fuck propaganda (Les Liens qui libèrent). Catherine Valenti montre que l'Extrême droite (Armand Colin) propose « Une vision partiale de l'Histoire ». Dans Les asphyxiés (Massot), Benjamin Mathieu illustre « Comment les médias sabotent le débat public et comment l'extrême droite en profite ». Sylvain Bourmeau interroge le rôle de la presse dans la légitimation de l'extrême droite avec Ils ne sont pas d'extrême droite, ils font l'extrême droite (La Découverte). Olivier Mannoni explique « Pourquoi le fascisme écrase la culture » dans La pensée piétinée (Héloïse d'Ormesson). Dans Censure (Anamosa), Anna Arzoumanov mène une enquête sur les atteintes à la liberté de création tandis qu'Ira Wells analyse la censure dans le monde du livre dans On peut plus rien lire ! (Lux). Les programmes ne visent pas seulement à dénoncer les mécanismes de manipulation mais aussi à réécrire les histoires dominantes. Dans Une histoire africaine de l'Afrique (Faubourg), Zeinab Badawi retrace l'histoire de l'Afrique en cherchant à décoloniser les imaginaires occidentaux. Yara El-Ghadban et Rodney Saint-Eloi remontent aux mythes qui ont structuré le monde, de la Palestine à Haïti, dans Les fascistes n'ont jamais compté les étoiles (Mémoire d'encrier).
