Livrée à elle-même. Elle s'appelle Cécile Blain. 56 ans, divorcée. Cette femme abandonnée pour une autre beaucoup plus jeune qu'elle ne se résout pas à n'être que cela. Elle s'apprête à quitter Paris pour une lointaine province, sa voiture chargée d'une vingtaine de caisses de livres, témoignage de son unique passion : la lecture. Désastre banal, défaite d'une vie. Mais après tout, puisque son ex-mari est éditeur, garder sa bibliothèque, c'est encore le conserver près d'elle... Seulement voilà, Cécile a le goût des embranchements buissonniers et va se découvrir aussi celui de la solitude et de la liberté. Quittant l'itinéraire prévu, elle s'enfonce dans des pays de nulle part, des paysages aussi désolés qu'elle, bordés d'hôtels Ibis, de fast-foods, de bars PMU orphelins, de châteaux d'eau guère remarquables... Là, comme apaisée, elle entreprend de vider consciencieusement ses cartons dans toutes les boîtes à livres de ces bourgs et villages. Adieu Modiano, Simenon, Salter, Gracq et les autres. Un de ces auteurs abandonnés, un certain Julien Bendrix, va la retrouver et, peut-être, lui demander des comptes...
On sait depuis La face Nord (Séguier, 2024), son précédent roman, que Jean-Pierre Montal est le plus juste et sensible des peintres dès lors qu'il s'agit de faire le portrait de femmes en fuite et d'un certain âge. Si l'on ajoute à cela sa passion pour l'apparente banalité des architectures et des points de vue qui en semblent privés, alors cette fugue en ré mineur qu'est La peau neuve, son nouveau roman, est une parfaite réussite. C'est Sagan dans les habits de Houellebecq. C'est épatant.
La peau neuve
Séguier
Tirage: 4 000 ex.
Prix: 19,50 € ; 192 p.
ISBN: 9782386360459
