Proclamation

Hemley Boum, lauréate du prix Landerneau des lecteurs 2026

Prix Landerneau des lecteurs 2026 à Hemley Boum pour "Nos vies sauvages" (Gallimard) avec Michel-Edouard Leclerc et Adélaïde de Clermont-Tonnerre, présidente du jury - Photo Olivier Dion

Hemley Boum, lauréate du prix Landerneau des lecteurs 2026

Avec Nos vies sauvages (Gallimard), Hemley Boum remporte le prix Landerneau des lecteurs 2026, au terme d’une sélection de quatre romans soumise à 200 lecteurs venus de toute la France.

Par Lora Lemaréchal
Créé le 21.10.2026 à 11h57

Mardi 20 octobre, dans un hôtel particulier de la rue Jean-Goujon, à Paris, les conversations se mêlent aux retrouvailles entre éditeurs, auteurs et lecteurs, tandis que les invités prennent place pour la remise du prix Landerneau des lecteurs 2026.

Douze membres du jury, tirés au sort parmi les 200 lecteurs venus de toute la France, sont présents pour l’occasion. Les regards se tournent vers l’entrée, où apparaît bientôt Michel-Édouard Leclerc, donnant le coup d’envoi de la cérémonie.

Donner une place centrale aux lecteurs

Présentée par Nicolas Carreau, journaliste à Europe 1 et animateur de l’émission « La Voix est livre », cette 11e édition s’ouvre sur un rappel de la vocation du prix. Initié en 2016 par Michel-Édouard Leclerc, le prix Landerneau des lecteurs entend soutenir la création littéraire en donnant une place centrale aux lecteurs.

Chaque automne, quatre romans de la rentrée littéraire, parus entre août et septembre, sont retenus par les libraires des Espaces Culturels E.Leclerc. Les 200 membres du jury découvrent ensuite les ouvrages, échangent leurs impressions sur un groupe Facebook dédié et désignent leur favori.

« Les Leclerc défendent la lecture et le livre », rappelle Michel-Édouard Leclerc, qui insiste également sur la nécessité de protéger les droits d’auteur face aux bouleversements liés à l’intelligence artificielle. Un engagement que traduit aussi la dotation de 10 000 euros remise au lauréat.

« Quand on est romancier, ça donne espoir »

La parole revient ensuite à Adélaïde de Clermont-Tonnerre, présidente du jury. Elle salue la richesse de la sélection et la qualité des échanges entre les lecteurs : « Quand je vois des gens parler avec autant d’humanité des textes, quand on est romancier, ça donne espoir », confie-t-elle.

Quatre titres restaient en lice : Nos vies sauvages d’Hemley Boum (Gallimard), Ne cherche pas le chaos de Marion Brunet (Albin Michel), Chronique d’un royaume perdu d’Ananda Devi (Grasset) et Stay free de Patrice Jean (Le Cherche Midi). « Tous des romans qui parlent d’amour », relève Nicolas Carreau en présentant les finalistes.

Hemley Bloum lauréate 2026

Le moment du verdict approche. Une lectrice du jury monte sur scène pour annoncer le nom de la lauréate : Hemley Boum. Les applaudissements saluent l’autrice de Nos vies sauvages, qui succède ainsi à Laurent Mauvignier pour La maison vide (Minuit).

Interrogée par Livres Hebdo, l’écrivaine accueille cette distinction avec émotion. « Je réalise qu’il y avait 200 lecteurs, c’est un long chemin pour un livre. Autant de personnes sur un territoire si grand, il y a quelque chose qui me touche particulièrement. Pour n’importe quel écrivain, il y a quelque chose de très joli. »

Prix Landerneau 2026 à Hemley Boum ici avec le jury
Prix Landerneau des lecteurs 2026 à Hemley Boum pour "Nos vies sauvages" (Gallimard) avec les membres du jury - Photo OLIVIER DION

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Originaire de Douala, au Cameroun, Hemley Boum place son pays natal et la transmission intergénérationnelle au cœur de son œuvre. Remarquée dès 2010 avec Le Clan des femmes (L’Harmattan), elle a notamment reçu le prix des lycéens Folio pour Les jours viennent et passent (Gallimard, 2019), puis le prix des Cinq Continents de la francophonie pour Le rêve du pêcheur (Gallimard, 2024). Avec Nos vies sauvages, elle signe son sixième roman.

« Elle a une formidable capacité d’évocation »

Adélaïde de Clermont-Tonnerre, elle aussi interrogée par Livres Hebdo, revient sur les raisons qui ont conduit le jury à distinguer le livre : « Hemley Boum nous a embarqués par sa capacité à nous faire découvrir un pays qu’on ne connaissait pas ou mal, à nous faire réfléchir sur ce qu’est la dictature, ce qu’est la compromission politique, à nous raconter une très belle histoire d’amour et de trahison, de très beaux portraits de femmes. »

La présidente du jury insiste également sur la force évocatrice de l’écriture : « Elle a une formidable capacité d’évocation. En quelques paragraphes, elle nous plonge dans un monde. Il y a tout dans ce livre ».

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