Galia Tapiero: "Les petits et moyens éditeurs ont toute leur chance sur ce marché" | Livres Hebdo

Par Claude Combet, à Shanghai, le 18.11.2019 à 19h17 (mis à jour le 22.11.2019 à 17h52) Foire du livre jeunesse de Shanghaï

Galia Tapiero: "Les petits et moyens éditeurs ont toute leur chance sur ce marché"

Giala Tapiero - Photo CLAUDE COMBET/LH

Galia Tapiero, fondatrice de la petite maison Kilowatt, a participé avec dix confrères du monde entier au fellowship organisé par la Foire du livre de jeunesse de Shanghai, une occasion pour elle de présenter aux éditeurs chinois les 85 titres de son catalogue – albums et documentaires – qu’elle a publiés depuis dix ans.
 

Livres Hebdo: Qu’avez-vous pensé du fellowship ?
Galia Tapiero: Comme à chaque fois dans un groupe, le lien entre les fellows est très fort. Nous avons eu le privilège de nous rencontrer, d’échanger nos méthodes, nos manières de voir. Deux membres du groupe vont m’acheter des titres et je vais aider un autre à trouver un éditeur français. Le soir après dîner, on se retrouvait et on se disait : "J’ai rencontré un éditeur et lui ai parlé de toi". Il règne dans le groupe une solidarité et une fraicheur dont on n’a pas l’habitude. 
Grâce au fellowship, l’agence Dakai, qui gère mes droits, avait pris rendez-vous pour moi sur le stand du Bief. En discutant avec les éditeurs étrangers, j’ai pris conscience de la chance d’avoir un organisme qui nous aide, nous propose des études, et nous informe. Mes confrères ont envié le stand, "le plus beau, le plus sympa, sur lequel tout le monde a l’air de s’entendre", son aménagement et sa mise en avant des maisons. 
 
Que recherchent les éditeurs chinois ?
Avec Dakai, j’avais déjà vendu deux collections de quinze titres à deux éditeurs chinois et je savais qu’ils voulaient des séries. Mais cette année, ils m’ont posé des questions et demandé des thématiques, notamment sur l’environnement. J’ai dû envoyer sept fois le Pdf du livre sur l’Amoco Cadiz. 
Les éditeurs chinois sont aussi très obsédés par les prix littéraires internationaux. En rendez-vous, ils disent chercher un album qui a eu le prix Andersen, parce que c’est une promesse de grosses ventes. J’explique qu’un succès en France ou en Italie ne fera pas forcément un gros succès en Chine. J’arrive à les convaincre parce que je fais du contenu et de l’album : ils veulent de l’éducatif et de l’illustré. Les petits et moyens éditeurs ont toute leur chance sur ce marché. 
 
Qu’est-ce qui vous a surprise ?
Même si le prix est imprimé sur le livre, il n’y a pas de prix fixe en Chine et le libraire peut faire la remise qu’il veut. Les gens vont sur le net où les remises sont plus importantes. Une éditrice m’a raconté qu’elle-même achetait ses livres le 11 novembre (11/11, chiffre qui porte chance), le jour des célibataires, l’équivalent du black friday ou du boxing day, parce que les livres sont vendus à prix coûtant ce jour-là, si bien qu’elle fait ses provisions pour l’année. 
 
Vous dites avoir été frappée par les librairies que vous avez visitées… 
Il existe à Shanghai une quantité sidérante de librairies. Dans le quartier des librairies, nous avons eu l’impression d’une douzaine de Fnac de six étages, les unes à côté des autres. Nombre d’entre elles vendaient des livres importés ou traduits, si bien qu’on a retrouvé nos productions. Elles ont de grands espaces avec des fauteuils, des tables basses et des livres en démonstration totalement "destroy" – ce qui explique que les exemplaires qu’ils vendent sont sous cellophane -. Elles organisent un nombre colossal d’événements, de signatures, d’animations, d’ateliers dessins. Je ne pensais pas que le livre soit à ce point valorisé. 
 

Sur les mêmes thèmes (1 article)

close

S’abonner à #La Lettre