France-Allemagne : des systèmes logistiques différents pour des performances différentes | Livres Hebdo

Par Clarisse Normand, le 24.03.2017 à 19h52 (mis à jour le 25.03.2017 à 09h13) Livre Paris 2017

France-Allemagne : des systèmes logistiques différents pour des performances différentes

de gauche à droite: Klaus Bittner, l'interprète Cornelia Geiser, Nina Hugendubel, Fabrice Piault, Jean-Luc Treutenaère, Pascal Thuot - Photo OLIVIER DION

Vendredi 24 avril, des libraires français et allemands ont comparé, dans le cadre d’une table ronde animée par Livres Hebdo à Livre Paris, les différents systèmes de distribution qui prévalent dans chacun des pays, et leur efficacité.
 

Nina Hugendubel, co-présidente du groupe de librairies éponymes en Allemagne, Klaus Bittner, gérant de la librairie de littérature et de philosophie Buchandlung à Cologne, Pascal Thuot, directeur de Millepages à Vincennes, et Jean-Luc Treutenaère, directeur des relations extérieures de Cultura, ont participé, vendredi 24 mars sur la Scène professionnelle de Livre Paris à une table ronde animée par Livres Hebdo sur le thème "France-Allemagne, deux modèle de diffusion du livre". Le débat s'inscrivait dans la perspective de l'invitation d'honneur de la France à la Foire internationale du livre de Francfort, en octobre prochain.

En Allemagne, la distribution du livre s'appuie sur trois principaux grossistes indépendants et concurrents, alors qu’en France les outils de distribution, moins concentrés, dépendent des grands groupes d’édition. Les deux libraires allemands pouvaient ainsi se prévaloir de délais de livraison inférieurs à 24 h, quand les Français ont affiché des délais compris entre 3 et 8 jours.

Au cœur de la bataille contre Amazon

Pointant l’intérêt de l’expérience francilienne des livraisons la nuit, qui permettent de raccourcir les délais de 24h, Pascal Thuot a souligné l’enjeu pour les libraires des questions logistiques dans la bataille qui se joue face à Amazon et par suite "la nécessité de convaincre les distributeurs de moderniser leurs outils pour améliorer leurs services". Rappelant qu’Amazon a réussi à prendre 15% du marché du livre en France essentiellement grâce à la qualité de son service logistique, Jean-Luc Treutenaère s’est inquiété du fait que "les centres de distribution sont aujourd’hui des centres de profit pour les éditeurs".

Potentiel d'amélioration

Si Klaus Bittner s'est dit "nullement préoccupé par la concurrence d’Amazon" car son "activité croit toujours", Nina Hubengudel a aussi souligné le poids d'Amazon, "estimé entre 20% et 25% en Allemagne". Mais elle a relativisé l’importance pour ses clients d’un service  de livraison le jour même : "nous leur avons offert cette possibilité juste avant Noël, or nous n’avons que sept clients à nous avoir demandé une livraison le jour même ! Du coup, nous avons pour l’instant arrêté ce service."

Face au modèle allemand "limpide", Pascal Thuot a évoqué "un système français balkanisé, avec des qualités de service très disparates selon les intervenants". Bien que conscient du potentiel d’amélioration, il a aussi salué "les progrès et la prise de conscience des éditeurs qui, de plus en plus, comprennent l’intérêt qu’ils ont à préserver un éco-système diversifié pour ne se trouver face à un géant."
 
 

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