9 février > Nouvelles France > Brina Svit

Un homme découvre après la mort de sa femme qu’elle avait une curieuse façon de "cultiver son jardin". Un autre, chef d’entreprise, se console du départ de sa jeune épouse avec le sourire de la caissière du supermarché le plus proche de son domicile. Tandis que son mari meurt à petit feu d’un cancer, une femme, égarée, tombe sous le charme d’un clarinettiste de jazz. Une jeune mère célibataire n’est pas insensible à la séduction du père d’une camarade de son fils, ni à celle d’un vigile de l’arche de la Défense où elle travaille. Un couple d’écrivains, après vingt ans d’amour, de succès et de "storytelling" amoureux, voit venir l’heure des comptes un soir, dans une librairie de Montreuil…

Tels sont quelques-uns des solitaires, des mélancoliques, des mal partis et des trop vite arrivés qui permettent à Brina Svit de proposer à son lecteur dix Nouvelles définitions de l’amour. En quelques pages, le charme lancinant de ces petites fictions piégées opère. Il y a du Sagan dans ce ton doux-amer qui croit moins à la psychologie qu’aux vertus propres de la narration, des paysages (Paris est peut-être le vrai héros du livre) et aux rêves et désirs de ses personnages. Ces nouvelles viennent en tout cas confirmer avec éclat Brina Svit parmi les voix singulières de ce temps, comme le disait à qui voulait l’entendre le regretté Michel Déon. Ces hommes et ces femmes, c’est vous, c’est nous. Perdus pour l’amour, sauvés par la littérature. O. M.

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