"Folies d'encre": François Hollande chahuté, un débat brouillé et des libraires piégés | Livres Hebdo

Par Alexiane Guchereau, le 22.02.2020 à 11h53 (mis à jour le 22.02.2020 à 12h52) Librairie

"Folies d'encre": François Hollande chahuté, un débat brouillé et des libraires piégés

François Hollande sortant de la librairie Folies d'encre après son débat

Amanda Spiegel, directrice de la librairie Folies d'encre à Montreuil, a décidé de réagir et d'expliquer les faits, suite à une rencontre chahutée survenue dans sa librairie alors qu'elle recevait François Hollande.

Deux jours après la rencontre, mercredi 19 février, de François Hollande avec des enfants chez Folies d'encre, à Montreuil, perturbée par des manifestants, la directrice de la librairie, Amanda Spiegel, a démenti que l'ancien président de la République ait été "exfiltré" comme plusieurs médias l'ont annoncé. "Le débat n'a pas été raccourci et il n'y a eu aucune exfiltration" a confirmé  à Livres Hebdo le cabinet de François Hollande. 

Sollicitée par Glénat pour organiser une rencontre avec l'ex-chef de l'Etat, qui vient de publier chez cet éditeur Leur République expliquée aux jeunes et aux moins jeunes, Amanda Spiegel précise à Livres Hebdo qu'elle a accepté la proposition à condition qu'un débat soit organisé avec les enfants. Celle-ci ayant été acceptée, et même "plutôt bien accueillie" par le cabinet de François Hollande, la directrice de Folies d'encre a pu planifier l'événement. 

1h30 de débat avec les enfants 

Pendant cette rencontre-débat avec une trentaine d'enfants, les manifestants ont pénétré dans la librairie, mais, "alors qu'il ne devait initialement durer que 45 minutes, le débat, qui n'a pas été interrompu malgré les cris, a duré 1h30", raconte Amanda Spiegel à Livres Hebdo. Elle regrette simplement que les questions des enfants, qu'elle souhaitait portées sur le fonctionnement de l'Etat, aient été plus tournées vers les orientations politiques ou le bilan du président. 

Selon elle, les manifestants d'extrême-gauche "n'étaient pas physiquement violents", mais ils n'étaient pas "dans le débat". "C'était clairement des activistes, ils le revendiquaient, affirme-t-elle. La seule façon de les faire sortir, c'était de faire appel aux policiers, mais j'ai refusé leur intervention" ajoute la libraire. La rencontre s'est donc poursuivie dans le bruit de manière assumée avant que François Hollande ne quitte les lieux "entouré de policiers".

Libraires piégés 

Les manifestants ont appelé au boycott de la librairie "comme si on n'avait fait, dans nos vies, que donner tribune à François Hollande", déplore Amanda Spiegel, qui se dit "embêtée" d'avoir entendu qu'elle "prenait les enfants en otage" alors qu'elle-même et ses salariés se sont sentis piégés par cette intervention militante.

La directrice de Folies d'encre regrette que les libraires aient été pris à partie et que "tout ait été si réducteur". Elle dénonce la difficulté pour la librairie de se revendiquer comme un espace de démocratie et d'inviter des personnalités de divers bords politiques, et s'interroge sur la notion "d'espace public" après avoir entendu une femme à qui elle avait demandé de faire moins de bruit, lui répondre qu'elle faisait "ce qu'elle voulait car elle était dans un espace public".

L’ancien président est attendu samedi 22 février au Hall du livre, à Nancy pour une autre rencontre avec des enfants, suivie d’une séance de dédicaces. Un événement que la librairie nancéenne ne redoute pas. Contactée par Livres Hebdo, elle indique n'avoir pas prévu de sécurité supplémentaire, ni envisagé à un moment quelconque d’annuler l’événement.
 



 
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