FOOTBALL
Le petit Guillaume Métayer et son frère ont été initiés au football par la marraine du premier, « une véritable aficionada » qui les traînait sur tous les stades de la banlieue parisienne. De là à pratiquer, il n'y a qu'un crampon. Le minot devient poussin au club de Bagnolet. « Arrière droit avec un tempérament offensif », il se trouve « très bon, mais les entraîneurs n'étaient pas d'accord ! » On se prive donc de ses services, ce qu'il vit comme « une expérience un peu traumatique ». Cela ne l'empêchera pas de se passionner pour le ballon rond, jusqu'à aujourd'hui, et de lui consacrer tout un recueil de poèmes. « Le football, explique-t-il, c'est un réservoir d'émotions, de souvenirs. Je voulais le raconter de façon ni trop ironique, ni trop lyrique. »
POÉSIE
Pour Guillaume Métayer, ce fut « une révélation » : « On ne peut imaginer le bonheur que procure l'écriture d'un poème. » Il s'y est mis sérieusement à la fin des années 1990, a publié son premier recueil en 2002, Fugues, chez Aumage, « un petit éditeur qui a disparu depuis ». Quatre autres ont suivi, cinq avec Football, album, à un rythme tranquille, à cause de son travail de traducteur. « Un poème, c'est d'abord une inspiration, qui "prend la tête", raconte-t-il, au sens propre. Ça rassasie. Ensuite, je relis mes textes, j'essaie de les écouter, d'être lucide, je les rumine sans cesse. C'est comme un caillou dans la chaussure. »
RONDEL
Vieux nom médiéval du rondeau, le rondel est un poème à forme fixe où s'est particulièrement distingué le prince Charles d'Orléans. Il a été modifié au xviie siècle et remis en vogue à la fin du xixe par un Banville ou un Mallarmé. Une tradition dans laquelle s'inscrit Guillaume Métayer. « C'est une structure en rond, comme une danse, qui appelle la musique : treize vers sur deux rimes avec un refrain, qui fait passer les rimes d'embrassées à croisées. Une forme magnifique ! »
TRADUCTION
Quand il était à Normale Sup, Guillaume Métayer apprenait l'allemand. Pour l'anglais, il était parti à Cambridge, où il avait rencontré une correspondante hongroise. C'est comme ça qu'il a appris le hongrois, en autodidacte. « Une langue métisse, assez inextricable », dont il a ensuite commencé à traduire des poètes. « Maintenant, je trouve ça plus beau que l'italien ! » Il travaille actuellement à la traduction d'un livre sur les papillons du Prix Nobel László Krasznahorkai, prévu chez Gallimard en octobre. Après le hongrois, il s'est aussi lancé dans le slovène, et rêve d'apprendre le bété, une des langues de Côte d'Ivoire.
PAYS-BAS
« Les Hollandais ont marqué l'histoire du foot, explique Métayer, en pratiquant le "football total", collectif, comme le FC Nantes. » Les initiés comprendront... « C'était la meilleure équipe des années 1970, quand j'étais gamin, poursuit-il. Je les ai adorés, j'ai pleuré quand ils ont perdu contre l'Argentine, en 1978, une finale magouillée. Pour moi, c'étaient des héros démocratiques contre les méchants Argentins du dictateur Videla, et aussi mon premier rêve d'ailleurs. Pour mon goût de l'exotisme, la Hongrie a remplacé les Pays-Bas. »
Football, album
Mercure de France
Tirage: 1 500 ex.
Prix: 12 € ; 128 p.
ISBN: 9782715269026
