Elmore Leonard est mort | Livres Hebdo

Elmore Leonard

L'auteur de 3 h 10 pour Yuma et de Jackie Brown est mort à l'âge de 87 ans. Rivages publiera le 8 janvier Raylan, avec le personnage de la série Justified.

Le romancier et scénariste Elmore Leonard est mort le 20 août à l'âge de 87 ans. Rivages, son éditeur français, qui inscrit 42 de ses livres à son catalogue dont Permis de chasse (paru le 29 mai), annonce pour le 8 janvier 2014, Raylan, un livre qui a pour héros le personnage de la série télévisée Justified (tirée d'une de ses nouvelles). Surnommé en 1984, «le plus grand auteur de polars vivant» par le New York Times, il a reçu nombre de prix littéraires, dont, en 2012, le National Book Award pour l'ensemble de son oeuvre.

Bien que natif de la Nouvelle Orléans (le 11 octobre 1925), Elmore Leonard était attaché à la ville de Detroit où il s'était installé avec ses parents en 1934 et où il a situé nombre de ses polars. Victime d'une attaque le mois dernier, il travaillait à son 46e roman et est mort chez lui à Bloomfield Village (Michigan), auprès de sa famille.

Diplômé d'Anglais et de Philosophie à l'Université de Detroit, Elmore Leonard commence en 1949 comme rédacteur pour l'agence de publicité Campbell Ewald, tout en écrivant des westerns pour les « pulps », racontant l'histoire des Appaches dans le sud de l'Arizona à la fin du XIXe siècle, soit cinq romans et plus de trente nouvelles. Son premier polar The Big Bounce, publié en 1969 et financé par les ventes au cinéma de Hombre, est remarqué par l'agent légendaire d'Hollywood, H.N. Swanson qui lui aurait dit : «Fils, je vais te rendre riche». Il alterne alors écriture de romans policiers et de scénarios.

Nombre de ses livres ont été adaptés au cinéma comme Get Shorty (par Barry Sonnenfeld en 1995), Rum Punch (par Quentin Tarentino, sous le titre Jackie Brown, en 1997), Out of Sight (Hors d'atteinte, réalisé par Steven Soderbergh en 1998), et 3 h 10 pour Yuma (qui a même fait l'objet d'un remake par James Mangold en 2007).

François Guérif, directeur de « Rivages/Noir », qui a publié ou réédité ses livres, rappelle ce qu'en disait Claude Mesplède dans Le dictionnaire des littératures policières (Joseph K.) : «Sur la brèche depuis plus de soixante ans, il fait l'admiration unanime de ses collègues, qui restent perplexes devant la virtuosité de son écriture. Pas de clichés, pas de métaphores, pas de digressions psychologiques, des dialogues concis, des situations violentes et parfois loufoques, un regard apparemment détaché mais auquel rien n'échappe. Leonard est un maître conteur, qui peut bâtir une intrigue époustouflante en partant d'un simple détail».

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