Entretien

Elisabeth Daldoul (Elyzad), première éditrice tunisienne sacrée par un Goncourt

Photo DIANE CAZELLES

Elisabeth Daldoul (Elyzad), première éditrice tunisienne sacrée par un Goncourt

Avec Que sur toi se lamente le Tigre d'Emilienne Malfatto, Elyzad a reçu la semaine dernière les honneurs du Goncourt du Premier roman. Livres Hebdo a échangé avec Elisabeth Daldoul, fondatrice de cette maison d'édition indépendante basée à Tunis. 

J’achète l’article 1.50 €

Par Dahlia Girgis,
Créé le 10.05.2021 à 17h30,
Mis à jour le 11.05.2021 à 20h13

Etablie à Tunis, la maison d'édition Elyzad a reçu début mai sa plus grande consécration littéraire : le Goncourt du Premier roman pour Que sur toi se lamente le Tigre d'Emilienne Malfatto, paru en septembre 2020. Livres Hebdo a échangé avec Elisabeth Daldoul, qui a fondé il y a plus de 15 ans cette maison d'édition indépendante.

Livres Hebdo : Comment définiriez-vous votre ligne éditoriale ?
Elisabeth Daldoul : Notre ligne éditoriale est celle "d'auteurs du Sud", même si je n'aime pas beaucoup cette expression. Nous avons trop tendance à mettre dans des cases. Nos textes sont plus variés et diversifiés que le mot "Sud", ils vont de la Mauritanie à la Palestine. Nous proposons majoritairement de la fiction, même si nous avons quelques essais.

Est-ce qu'il y a une spécificité à cette littérature du monde arabe ?
L'Afrique est riche de tellement de diversité et de cultures. Vanessa Pecastaings (co-éditrice) et moi, ce qui nous intéresse, ce sont des histoires qui nous embarquent. Le texte doit avoir une force émotionnelle et poser le doigt sur des cultures souvent méconnues. Si je prends l'exemple d'Emilienne Malfatto, nous savons ce qui se passe en Irak, mais l'auteure nous fait entrer dans l'intimité d'une famille irakienne. Nous voulons décloisonner et faire circuler ces récits dans l'espace francophone, et faire rencontrer des imaginaires différents dans une même zone géographique.

Que représente pour vous la victoire d’Emilienne Malfatto pour le Prix Goncourt du premier roman ?
C'est énorme ! À ma connaissance, Elyzad est le premier éditeur de ce côté de la Méditerranée à avoir cette consécration. Les membres du jury ont montré la portée universelle de la littérature, même si elle émane d'une maison indépendante qui n'est pas basée dans l'Hexagone. Cela montre que les lignes bougent.

Souhaitez-vous être diffusé dans d’autres pays francophones ? 
Dès le début, la volonté d'Elyzad était de faire circuler les textes dans le monde francophone. Nous sommes diffusé en France, Belgique, Canada et Suisse. Nous nous appuyons beaucoup sur les rencontres et salons. C'est plus compliqué d'être diffusé dans certains pays, car les métiers du livre y sont moins structurés.

Quel rapport avez-vous avec votre distributeur Harmonia Mundi ? 
Nous avons changé de distributeur en janvier 2020. L'année n'a pas été évidente avec la pandémie de Covid-19. Il a fallu gérer les fermetures de librairies, relancer les ouvrages en cours... Notre changement de distributeur n'a pas de raison objective. Depuis 15 ans, notre ancien distributeur Pollen a fait un excellent travail. Le passage chez Harmonia Mundi est une façon de nous challenger.

Combien de titres seront publiés en 2021 ? 
Nous publions 8 à 10 livres par an. Pour l'instant, nous ne voulons pas changer ce rythme de parution. L'une des forces d'une maison indépendante est de pouvoir accompagner chaque auteur et ouvrage.

Commentaires (0)

Espace réservé aux abonnés

Livres Hebdo a besoin de votre voix. Nous apprécions vos commentaires sur le sujet, vos critiques et votre expertise. Les commentaires sont modérés pour la courtoisie.

Connectez-vous Pas encore abonné ? Abonnez-vous

On vous
RECOMMANDE

Les dernières
actualités