Des droits d'auteur pour payer son incarcération | Livres Hebdo

Par Cécilia Lacour, avec New York Times, le 21.02.2018 à 18h08 (mis à jour le 22.02.2018 à 10h48) Etats-Unis

Des droits d'auteur pour payer son incarcération

Curtis Dawkins - Photo MICHIGAN DEPARTMENT OF CORRECTIONS

L'auteur américain Curtis Dawkins a reçu 150 000 $ pour la publication de ses nouvelles, alors qu'il purge une peine de prison à vie. L'Etat de Michigan souhaite récupérer 90 % de cette somme au titre de ses frais d'incarcération.

Alors qu'il purge depuis 2005 une peine d'emprisonnement à vie pour le meurtre d'un homme lors d'un cambriolage qui a mal tourné, Curtis Dawkins a trouvé refuge dans l'écriture. Placé à l'isolement, il rédige des nouvelles autour de la vie en prison.
 
Son œuvre littéraire intéresse alors la maison d'édition américaine Scribner, qui lui propose une publication et un chèque de 150000$ (122000€) au titre d'une avance sur ses droits d'auteur. Le contrat conclu, Curtis Dawkins s'empresse de placer l'argent pour financer les études de ses trois enfants.
 
372 000 $ de frais
 
Seulement voilà. Publié en juillet 2017, The Graybar Hotel (non traduit en France) attire l'œil des critiques et du public mais aussi du procureur général du Michigan – Etat américain où Curtis Dawkins purge sa peine. Et le département du Trésor américain veut maintenant récupérer 90 % des droits d'auteur – en incluant ses possibles rémunérations futures – afin de financer les frais d'incarcération de l'auteur.
 
Dans le Michigan, les détenus peuvent être contraints de payer leurs frais d'emprisonnement. Le procureur général estime donc que Curtis Dawkins doit s'acquitter d'une somme de 372000$.
 
Déposée en octobre dernier, la plainte de l'Etat du Michigan nomme également la famille de l'auteur et son agent littéraire, arguant que Curtis Dawkins n'avait pas le droit de transférer ces fonds à sa famille. Lors de l'audience prévue pour le 26 février, l'écrivain – qui se représentera lui-même – compte baser sa défense sur le fait qu'il a une "obligation légale et morale" de soutenir sa famille, affirme-t-il auprès du New York Times.
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