Cameroun: l'écrivain Patrice Nganang interpellé par la police | Livres Hebdo

Par Cécilia Lacour, avec AFP, le 08.12.2017 à 15h06 (mis à jour le 10.12.2017 à 11h20) Afrique

Cameroun: l'écrivain Patrice Nganang interpellé par la police

Patrice Nganang - Photo GEORGES SEGUIN/CC BY-SA 3.0

L'auteur de Temps de chien a été arrêté à l'aéroport de Douala (Cameroun), mercredi 6 décembre, après avoir publié sur le site Jeune Afrique une tribune très critique envers le président camerounais, Paul Biya. Un appel à libération a été lancé.

L'écrivain camerounais Patrice Nganang, auteur de Temps de chien (Serpent à plumes) qui a reçu, en 2002, le prix Marguerite Yourcenar et le Grand prix de la littérature d'Afrique noire, a été arrêté mercredi 6 décembre par la police à l'aéroport de Douala, alors qu'il s'apprêtait à quitter le pays.
 
"Des agents l'attendaient à l'aéroport. […] Il a été, aux dernières nouvelles, conduit à Yaoundé où il serait détenu au SED (Secrétariat d'Etat à la Défense, direction de la gendarmerie, ndlr)", a expliqué à l'AFP une source proche de la police, sous couvert d'anonymat.
 
L'écrivain, qui réside aux Etats-Unis où il enseigne la littérature, terminait un séjour au Cameroun pendant lequel il s'était rendu dans les régions anglophones (dans l'ouest du pays) plongés depuis un an dans une grave crise socio-politique aux accents sécessionnistes.
 
"Il s'est illustré ces derniers jours par un certain nombre d'actes de provocation", a affirmé la source anonyme, évoquant notamment des publications sur la page Facebook de l'auteur. Ce dernier avait, mardi 5 décembre, publié un "Carnet de route" très critique envers le président du Cameroun, Paul Biya, sur le site de l'hebdomadaire Jeune Afrique. Patrice Nganang reproche au président sa gestion de la crise et la répression dans les zones anglophones.

Appel à libération

Un collectif de dix-sept écrivains africains et occidentaux a lancé une pétition sur internet "pour la libération immédiate de Patrice Ngagnang". Moins de 24 heures après sa mise en ligne, la pétition avait déjà enregistré près de 900 signatures vendredi à la mi-journée.

Le Réseau des défenseurs des droits humains en Africain centrale (Rédhac) et Tribunal Article 53, une association locale de défense des droits humains, ont, dans un communiqué dénoncé "l'enlèvement, l'arrestation et la détention arbitraire" de M. Nganang, demandant aux autorités de le "libérer sans condition et à l'immédiat". Les deux organisations ont tenu vendredi une conférence de presse à ce sujet.

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