Il était un feu à Hollywood. Janvier 2025 : Los Angeles n'est plus qu'un gigantesque brasier. Tout se consume. Tout part en torche, les arbres, les demeures, les destins. Tout ce qu'exhibe Bruce Wagner flirte avec sa fin. L'apocalypse n'est pas loin et une galerie de personnages croustillants s'invite au bouquet final. Il y a là un pitre de l'audiovisuel salement coincé, un cascadeur doublure de Timothée Chalamet, Madame la maire peu à son avantage, une fille à papa juive devenue égérie propalestinienne juste pour navrer le paternel, quelques bigots de passage, une nonagénaire à la mémoire vive... Toutes plus ou moins que zéro, ces existences soudain précarisées s'enchevêtrent dans un désordre tragicomique mêlant punchlines cartésiennes et circonvolutions hallucinées, légers tacles politiques et satire plus musclée d'Hollywood (déjà bien entamée par l'auteur lors d'un précédent Toujours L.A. en 2008 chez Sonatine). Même les chevaux s'affolent. Impossible de ne pas penser à Short Cuts de Robert Altman, voire aux nouvelles de Raymond Carver dont s'inspira le film. Décliné ici à la manière d'un Tarantino au mieux de sa forme, un monde déboussolé sombre dans l'absurde. Les barreaux de l'échelle sociale partent en cendres. Les pillards patentés et les pieds nickelés opportunistes entrent d'ailleurs dans le game avec le wording codé qui va avec. On sourit malgré les flammes purificatrices. Certains protagonistes périssent, d'autres tirent leur épingle du feu, mais personne ne sort indemne du sinistre. Comme une évidence, Bret Easton Ellis adore. Nous aussi.
Amputation
Sonatine
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Karine Lalechère
Tirage: 3 500 ex.
Prix: 23 € ; 304 p.
ISBN: 9782383993148
