31 août > BD France

Un vieux sage, un tyran, une belle aimantée par le pouvoir, des courtisans, une poignée de laissés-pour-compte, un rebelle… Jean-Paul Krassinsky campe, dans un paysage somptueux de montagnes enneigées - il a travaillé à l’aquarelle en couleurs directes -, une société de singes qui ressemble fort à la nôtre. De Disney, Calvo ou Raymond Macherot à Ptiluc et Jul, le procédé est déjà bien éprouvé en bande dessinée : la BD animalière a acquis depuis longtemps ses lettres de noblesse. Krassinsky lui-même, s’il n’en est pas un adepte exclusif, a déjà commis chez Dargaud Le singe qui aimait les fleurs. Peut-être un galop d’essai avant ce Crépuscule des idiots, fable implacable dénonçant à la fois la crédulité et l’hypocrisie des hommes, les manipulateurs et la foi comme instrument de manipulation.

Dans des montagnes sauvages et belles, donc, mais au climat rigoureux, Taro fait la pluie et le beau temps, entouré d’une cour d’affidés, lorsque tombe littéralement du ciel un singe utilisé comme cobaye pour un vol spatial. Malin, ce dernier s’improvise en prophète. Il introduit le culte de Diou (sic), ouvrant la voix à de subtils jeux de pouvoir qui rebondissent jusqu’à un épilogue dont l’humanité (pardon, la communauté des singes) ne sort pas indemne. C’est enlevé, violent, émouvant et drôle, d’autant que les singes de Krassinsky sont irrésistibles. Fabrice Piault

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