Amnesty International milite pour la libération de l'éditeur Gui Minhai | Livres Hebdo

Par Cécilia Lacour, le 05.02.2018 à 13h01 (mis à jour le 05.02.2018 à 20h44) Chine

Amnesty International milite pour la libération de l'éditeur Gui Minhai

Le copropriétaire de la maison d'édition Mighty Current, Gui Minhai, en larmes à la télévision chinoise en janvier 2016. - Photo DR

L'éditeur et libraire Gui Minhai est porté disparu depuis le 20 janvier.

Amnesty International a lancé, jeudi 1er février, un appel pour faire libérer l'éditeur et libraire de nationalité suédoise Gui Minhai. Copropriétaire de la maison d'édition Mighty Current, basée à Hong Kong, l'auteur Gui Minhai est porté disparu depuis le 20 janvier. Il a été enlevé en Chine par un groupe de dix hommes alors qu'il se rendait à Pékin, accompagné de deux diplomates suédois, pour procéder à un examen médical. En octobre 2015, il avait déjà été enlevé par les autorités chinoises, avec quatre de ses collègues, avant d'être relâché deux ans plus tard.
 
Dans son appel diffusé en plusieurs langues, Amnesty International invite les particuliers à envoyer un courrier, avant le 15 mars, au ministre chinois de la Sûreté de l'Etat et à celui de la Sécurité publique afin de demander la libération de Gui Minhai et l'abandon des "accusations portées à son encontre". L'ONG souhaite également que l'éditeur puisse bénéficier "rapidement, régulièrement et sans restriction" de soins médicaux, et à ce qu'il puisse "s'entretenir sans restriction avec des représentants consulaires, l'avocat de son choix et sa famille".

Dans la journée de lundi, la Suède a réagi officiellement sur cette  "intervention brutale", rappelant qu'"en dépit des assurances répétées de la Chine" que l'éditeur "était un homme libre à ce moment". La ministre suédoise des Affaires étrangères Margot Wallstrom a exigé sa libération dans un dans un communiqué, repris par l'AFP:  "Cette action chinoise est en contradiction avec les régles internationales fondamentales sur le soutien consulaire", a-t-elle déclaré pour qui cette affaire "soulève des questions sur "l'application de l'Etat de droit"" et sur "l'interdiction des détentions arbitaires".
 
La disparition de Gui Minhai a soulevé une vive opposition de la part de la communauté internationale. L'Union internationale des éditeurs (UIE), qui vient de lui décerner son prix Voltaire 2018, le gouvernement suédois et l'Union européenne ont tous exhorté la Chine à libérer l'éditeur.

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