Abdellah Taïa, Leïla Slimani et Tahar Ben Jelloun se mobilisent contre le "viol banalisé des femmes marocaines" | Livres Hebdo

Par Léopoldine Leblanc, le 29.08.2018 à 12h33 (mis à jour le 29.08.2018 à 16h41) Tribune

Abdellah Taïa, Leïla Slimani et Tahar Ben Jelloun se mobilisent contre le "viol banalisé des femmes marocaines"

Abdellah Taïa

Publiée mardi 28 août sur le site de Libération et plusieurs sites d’informations marocains, la tribune de l’écrivain Abdellah Taïa dénonce les cas de viols collectifs qui frappent le Maroc et appelle à "repenser le contrat social" à la suite de l’affaire Khadija.
 

"Ce n’est plus la vie, c’est la jungle. Et comme toujours, ce sont les femmes qui paient le prix fort de tous les dysfonctionnements d’une société qui ne veut toujours pas grandir", écrit le romancier Abdellah Taïa (Celui qui est digne d’être aimé, Seuil, 2017; Le jour du roi, Seuil, prix de Flore 2010) dans une tribune intitulée "Viol de la fille aux tatouages: qui va sauver les femmes marocaines?", publiée mardi 28 août sur le site de Libération et sur plusieurs sites d’information marocains (Ledesk.ma, Telquel.ma, Medias24.com, Huffpostmaghreb.com/maroc et Plurielle.ma).
 
L’écrivain s’insurge contre le "viol banalisé des femmes marocaines" à la suite de l’affaire Khadija, une adolescente de 17 ans qui aurait été séquestrée, violée et torturée cet été par un groupe d’une dizaine d’hommes à Oulad Ayad, ville située à quelque 150 km au nord-est de Marrakech. Un cas loin d’être isolé dans la société marocaine, rappelle le romancier: "L’été 2017 a été marqué par le viol collectif (et filmé) à Casablanca de la fille du bus, poursuit-il. L’été 2018, l’héroïne s’appelle la fille aux tatouages. Et entre ces deux saisons, il y a eu d’autres histoires glauques, insoutenables, très commentées sur les réseaux sociaux et déjà complètement oubliées."
 
"Il est plus qu’urgent de repenser le contrat social qui nous unit", conclut-il avec les douze signataires qui rassemblent notamment les écrivains Tahar Ben Jelloun et Leïla Slimani, tous deux prix Goncourt, aux côtés de la sociologue Sanaa El Aji, de la libraire Miriam Douiri (librairie Kalila Wa Dimna à Rabat) et de la galeriste et éditrice Yasmina Naji (Kulte Gallery à Rabat).
 
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