Librairie

55 librairies lancent un appel contre l'amendement LIR

La librairie Nordest, dans le 10e arrondissemnt de Paris, arbore le logo Lir sur sa vitrine. - Photo OLIVIER DION

55 librairies lancent un appel contre l'amendement LIR

Un appel des librairies indépendantes déjà signé par 55 d'entre eux s'inquiète des conséquences de l'amendement au label LIR, adopté par le Sénat vendredi 24 novembre. 

J’achète l’article 1.50 €

Par Cécilia Lacour,
Créé le 07.12.2017 à 15h44,
Mis à jour le 07.12.2017 à 18h02

Le syndicat de la librairie française (SLF) a transmis, jeudi 7 décembre, un appel contre l'amendement modifiant les conditions d'éligibilité au label Librairie indépendante de référence (LIR) dont bénéficie déjà 550 libraires. Cet amendement, qui élargit le périmètre d'accès aux exonérations fiscales lié au label LIR, a été adopté par le Sénat vendredi 24 novembre, dans le cadre du projet de loi de finances pour 2018.
 
Dans leur appel disponible en intégralité ci-contre, les 55 premiers libraires signataires, parmi lesquels Christian Thorel, Denis Mollat, Pascal Thuot ou Charles Kermarec, ainsi que des responsables de librairies appartenant à Gallimard et Actes sud, dénoncent un "coup de tête […] lourd de menaces pour les librairies indépendantes". Selon eux, l'élargissement du périmètre des exonérations peut entraîner l'annulation d'une "part importante" d'entre elles, mettant en danger des structures "dont l'équilibre financier dépend souvent de cette exonération".

Différences
 
La mesure, qui doit encore passée par l'Assemblée nationale alors qu'elle est censée entrer en vigueur au 1er janvier 2018, pourrait davantage profiter à certaines grandes enseignes: "des groupes d'édition, de grande enseignes, des soldeurs, des bouquinistes, voire des acteurs de la grande distribution", énumèrent les libraires. Des enseignes de librairies comme le Furet du Nord, Decitre ou Gibert Joseph avaient d'ailleurs publiquement soutenu l'amendement du Sénat dans une tribune parue sur le site web du journal Le Monde lundi dernier. Le texte reconnaît qu'il faut sans doute aider ces groupes, plus puissant que les librairies indépendantes, face à leurs difficultés spécifiques, mais considère que le label LIR ne peut pas répondre à leurs problèmes: "Les initiateurs de l’amendement ont des modes de fonctionnement qui ne peuvent être assimilés à ceux des libraires indépendants : des politiques d’assortiment davantage centrées sur les meilleures ventes, des actions d’animation faibles au regard de leur taille, des structures capitalistiques rendant leurs actionnaires plus exigeants, des implantations fréquentes dans des zones commerciales en périphérie des centres-villes, des conditions commerciales incomparablement plus avantageuses.

Concertation
 
"Si ces groupes souhaitent aider l'ensemble de la profession, nous ne pouvons que leur conseiller d'arrêter, pour certaines d'entre elles, leurs actions prédatrices sur les marchés publics qui excluent et déstabilisent les librairies de proximité, ancrées dans leur territoire et vitales pour la diffusion du livre auprès du plus grand nombre", poursuivent les signataires de l'appel. Pour autant, les signatairent ne nient pas les difficultés économiques que peuvent rencontrer ces grandes enseignes mais refusent que leur soit appliqué "un outil conçu pour répondre aux spécificités et aux nécessités des librairies indépendantes".
 
Les libraires indépendants, qui partagent les inquiétudes de Françoise Nyssen, appellent à prendre "le temps de la concertation" pour ne pas "fracturer [leur] profession" et "mettre en place une concertation sur le rôle des librairies, de toutes les librairies, pour la création, la lecture et les territoires ainsi que sur leurs contraintes économiques qui, si elles diffèrent selon la taille, sont fortes et réelles pour tous".

Parmi les signataires, on retrouve aussi Xavier Moni, Président du SLF, Olivier Rouard, Vice-Président du SLF, Benoît Bougerol, ancien président du SLF, Matthieu de Montchalin, Président d'Alire et ancien président du SLF, Maya Flandin, Vice-Présidente du SLF, Sylvain Fourel, co-président de l'Association Libraires en Rhône-Alpes, Laurent Layet, Président de l'Association des libraires en Normandie, Jean-Michel Blanc, Président du groupement des libraires Ensemble, Patricia Matsakis, Présidente de l'Association des librairies spécialiées jeunesse, Wilfrid Séjeau, Président du groupement des librairies Initiales, Emily Vanhée, Présidente de l'Association des libraires des Hauts-de-France, Marc Szyjowicz, Président du Groupement des libraires de bande dessinée.





Commentaires (6)

Espace réservé aux abonnés

Livres Hebdo a besoin de votre voix. Nous apprécions vos commentaires sur le sujet, vos critiques et votre expertise. Les commentaires sont modérés pour la courtoisie.

Connectez-vous Pas encore abonné ? Abonnez-vous
d

dupont-valin

il y a 2 ans à 16 h 05

Les auteurs eux-mêmes bénéficient des avis souvent éclairés des libraires indépendants qui prennent le temps de conseiller aussi prennent-ils leur défense et sont prêts, pour certains d'entre eux, à s'associer à l'appel des libraires indépendants. Pour valoir.


N

NICOLE DE FREMINVILLE

il y a 2 ans à 16 h 40

Bonjour, A quelle adresse internet peut-on signer cet appel ? Librairie la Porte des Mots 30140 ANDUZE Labellisée LIR


j

jean develay

il y a 2 ans à 16 h 43

A quoi sert le label LIR Nous l'avons obtenu. notre commune n'accorde aucune exonération de taxes. donc beaucoup d'efforts juste pour se faire plaisir. je ne suis donc pas solidaire du SLF


J

Jérémie Barbarin

il y a 2 ans à 15 h 06

il est vrai qu'outre l'exonération possible des taxes locales, le label ne vous donne pas droit à une échéance à 30 jours (au lieu de 60) de vos retours chez Hachette et autres distributeurs !


j

FLORENCE

il y a 2 ans à 19 h 55

effectivement oui nous avons cette avantage. et alors!! un Label doit être une reconnaissance pour que nos clients nous identifient comme des pros. A ce jour peu de clients connaissent la loi Lang alors le label LIR c'est un club de nantis inconnu du public valant donc zero reconnaissance. Je milite donc pour que tout libraire digne de ce nom profite d'avantage fiscaux.


o

odile

il y a 2 ans à 12 h 47

je suis une petite libraire spécialisée mais ne faisant pas d'animations je ne rentre pas dans les criteres LIR . Je dois être une mauvaise libraire depuis mon installation en 1983. Une exonération pour tous sans paperasse sera la bienvenue.


On vous
RECOMMANDE

Les dernières
actualités