Label LIR: plusieurs enseignes soutiennent l'amendement du Sénat | Livres Hebdo

Par Vincy Thomas, le 05.12.2017 à 01h08 (mis à jour le 05.12.2017 à 02h00) Librairie

Label LIR: plusieurs enseignes soutiennent l'amendement du Sénat

Guillaume Decitre © Véronique Heurtematte

Pierre Coursières (Furet du Nord), Guillaume Decitre (Decitre), Guillaume Dervieux (Librairies Albin Michel), Franck Ferrière (Gibert Jeune), Olivier Pounit Gibert (Gibert Joseph) ainsi que Yannick Poirier (Librairie Tschann) signent dans Le Monde une tribune plaidant pour un accès facilité aux avantages du label « Librairie indépendante de référence ».

Dans une tribune à paraître dans Le Monde mardi 5 décembre, plusieurs enseignes de librairies prennent la défense de l'amendement sénatorial voté le 24 novembre, qui, s’il était validé par la commission mixte paritaire qui doit accorder les positions des deux assemblées sur la loi de finances 2018, ouvrirait l’accès au label Librairie indépendante de référence (Lir) et aux exonérations fiscales afférentes à des chaînes réalisant jusqu’à 200 millions d’euros de chiffre d’affaires.

Pierre Coursières (Furet du Nord), Guillaume Decitre (Decitre), Guillaume Dervieux (Librairies Albin Michel), Franck Ferrière (Gibert Jeune), Olivier Pounit Gibert (Gibert Joseph), dont les groupes figureraient parmi les premiers bénéficiaires des dispositions envisagées au Sénat, ainsi que Yannick Poirier (Librairie Tschann) dressent un tableau assez sombre de la librairie française en 2017, devenu un commerce "vulnérable", entre mutation de la consommation et désertification des centre-villes.

Disposition vitale

"Le rôle irremplaçable des librairies dans la vie culturelle et sociale justifie que les pouvoirs publics se mobilisent pour leur survie. C’est la raison pour laquelle, le 24 novembre, le Sénat a voté à l’unanimité, avec le soutien du gouvernement, un amendement visant à faire bénéficier toutes les librairies, en dehors des grandes enseignes non spécialistes et des plates-formes numériques, de la possibilité offerte aux communes de les exonérer de la cotisation foncière des entreprises (CFE) et de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE)" expliquent-ils.

Pour eux, la modification des critères du label Lir, initialement conçu pour soutenir spécifiquement les librairies indépendantes "est vitale pour l’équilibre économique de toutes les librairies. Elle vient mettre fin à l’injustice qui, de facto, réservait ce dispositif à 500 librairies sur les 3 000 que compte notre pays. Et interdisait aux maires de décider seuls d’exonérer les librairies actives dans leurs villes."

"C’est un métier qui ne peut aujourd’hui survivre sans le soutien de l’Etat et des élus qui se battent pour faire vivre les territoires", précisent-ils avant d'interpeller la profession: "C’est la raison pour laquelle nous encourageons tous les libraires, mais aussi tous les acteurs de la filière du livre, tous les lecteurs et les passionnés de culture à soutenir la démarche engagée par le Sénat et appeler tous les parlementaires à s’engager pour la mener à son terme."

Critères contestés, institutions critiquées

Les signataires affirment être surpris que la demande d’exonération soit "subordonnée à l’obtention du label Librairie indépendante de référence (Lir), label accordé par une commission du Centre national du livre. Sur le principe, on ne peut que s’étonner, dans un Etat de droit, de voir un comité se substituer aux élus pour décider de l’accès à un avantage fiscal. Dans les faits, les pratiques de cette instance en limitent le bénéfice à une librairie sur six sur la base de critères contestables."

Outre le CNL, les six signataires pointent du doigt le Syndicat de la Librairie française (SLF), qui se mobilise contre l’amendement sénatorial : "Nous nous réjouissons que 500 librairies bénéficient déjà de cette exonération. Beaucoup d’autres la méritent. Il est incompréhensible et injuste que les 2 500 librairies restantes soient exclues de ce dispositif. Qu’elles soient petites, moyennes ou grosses. Qu’elles soient encore détenues par une famille ou par d’autres actionnaires. Tout comme il est incompréhensible que le Syndicat de la librairie française, qui est censé représenter toutes les librairies, refuse cette extension."
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