2/3 des écrivains britanniques ont gagné moins de 11000 euros en 2018 | Livres Hebdo

Par Nicolas Turcev, le 19.06.2019 à 15h00 (mis à jour le 26.06.2019 à 10h52) Royaume-Uni

2/3 des écrivains britanniques ont gagné moins de 11000 euros en 2018

Martin Amis - Photo ISABEL FONCECA/CLAMANN-LÉVY

Selon un sondage conduit auprès de 2000 auteurs, le manque d’argent fait partie des principaux obstacles au début du parcours des auteurs.

Soixante-sept pourcents des écrivains britanniques professionnels ont gagné moins de 10000 livres (11000 euros) en 2018 selon un sondage conduit par la Royal Society of Literature auprès de plus de 2000 auteurs et repéré par le Bookseller.  Le manque d’argent est cité par 68% des personnes interrogées comme un obstacle au début de leur carrière, juste devant le manque de temps (67%).
 
L’intitulé du sondage, "Une chambre à moi : ce dont les auteurs ont aujourd’hui besoin pour travailler" fait écho à l’essai de Virginia Woolf sur la condition des écrivaines, Une chambre à soi (Gonthier) paru il y a 90 ans. "La vaste majorité des auteurs ne gagnent pas la somme d’argent que Woof estimait nécessaire pour les écrivains : 500 livres par an [en 1929], soit l’équivalent d’un peu plus de 30000 livres en 2019 [environ 34000 euros]," indique le rapport.
 
En vérité, seulement 5% des auteurs d’outre-Manche ont réussi à dépasser ce seuil grâce à leurs écrits en 2018. Ce chiffre est "étonnamment bas" se lamente Lisa Appignanesi, directrice de la Royal Society of Literature, qui craint que les écrivains aient du mal à "se maintenir au long de leur vie professionnelle".
 
L’âme avant l’or
 
Plus surprenant que la précarité des auteurs, le rapport indique que les écrivains préfèrent le soutien des proches (65%) et le soutien émotionnel (60%) au soutien financier, qui recueille l’approbation de seulement 58% des répondants. Mais les hommes et femmes de lettres britanniques rejoignent surtout l’avis de Virginia Woolf, qui dans son essai pamphlétaire stipulait qu’avant tout, pour écrire, il faut une pièce à soi : 80% des auteurs interrogés s’accordent sur ce besoin fondamental.
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