En salles ce mercredi 1er juillet, In Waves est adapté par la réalisatrice vietnamienne Phuong Mai Nguyen du roman graphique du même nom, publié chez Casterman en 2019, dans lequel l'auteur américain AJ Dungo racontait sa propre histoire.
À Los Angeles, il suit l'amour entre AJ, lycéen adepte du skate et du dessin, et Kristen, surfeuse que la maladie vient fragiliser. Présenté en ouverture de la Semaine de la critique à Cannes, hors compétition, puis en compétition officielle à Annecy, il a fait l'objet d'une projection au festival Nouvelles Vagues de Biarritz, où Livres Hebdo l'a découvert en présence de l'auteur.
Un premier roman graphique devenu best-seller
Originaire de Los Angeles et formé à l'ArtCenter College of Design, AJ Dungo est repéré par l'éditeur britannique Nobrow grâce à son projet de fin d'études. In Waves, son premier roman graphique, paraît en 2019, traduit de l'américain par Basile Béguerie chez Casterman. L'auteur y entrelace deux récits : sa propre histoire avec Kristen, rencontrée au lycée et emportée par un cancer des os en 2016, à 25 ans, et une histoire du surf retracée à travers les figures de Duke Kahanamoku et Tom Blake. Les couleurs séparent les deux fils, le sépia pour le passé du surf, un bleu-vert pour le récit avec Kristen.
À sa parution, l'album s'écoule à 85 000 exemplaires entre novembre 2019 et janvier 2020 [NielsenIQ Book Data]. Récompensé en 2020 par le prix BD Fnac/France Inter et sélectionné au Festival d'Angoulême, il connaît depuis plusieurs éditions chez Casterman, du poche de 2022 à une version reliée de luxe en 2024, jusqu'à une édition augmentée d'un cahier graphique parue fin mai, en amont du film. En mars dernier, AJ Dungo a fait son retour avec un deuxième roman graphique, Skating Wilder, toujours chez Casterman.
L'équipe d'In Waves lors de la projection du film sur la scène du Biarritz Film Festival Nouvelles Vagues, entre autres en présence de l'auteur AJ Dungo, des voix principales, de la compositrice Oklou et de la réalisatrice Phuong Mai Nguyen - Photo A.LPour télécharger ce document, vous devez d'abord acheter l'article correspondant.
Une adaptation fidèle à l'esprit du livre
Pour porter cette matière à l'écran, la réalisatrice vietnamienne Phuong Mai Nguyen, sur un scénario de Fanny Burdino et Samuel Doux, resserre le récit autour du couple. Elle emprunte au peintre David Hockney, récemment disparu, une palette éclatante qui transforme Los Angeles en immense aire de glisse, et conserve un noir et blanc fidèle au trait de Aj Dungo pour les séquences consacrées à l'histoire du surf. Portée par les voix de Lyna Khoudri et Rio Vega, l'animation, qui mêle 2D et 3D, séduit par sa qualité graphique et par l'attachement qu'inspirent vite ses personnages.
La couleur comme second récit
Là où le livre séparait ses temporalités par le sépia et le bleu-vert, le film module sa palette au gré du drame, les teintes solaires des débuts cédant peu à peu à des tons plus sourds à mesure que la maladie gagne. Le rendu de l'eau et des corps en mouvement, du skate à la glisse, compte parmi les vraies réussites, soutenu par la bande originale électro pop d'Oklou et Rob.
On aimerait par moment voir davantage de surf, mais le fil rouge reste la relation amoureuse, que les vagues traduisent à l'écran. Là où l'album jouait l'épure et laissait la souffrance hors champ, l'image souligne davantage l'émotion, quand l'album préférait la suggérer.
