Human Rights Watch, une organisation de défense des droits humains, a averti que Hong Kong devenait « de plus en plus dystopique » après l’arrestation d’un libraire et de ses employés, ainsi que la saisie d’ouvrages, dont une biographie du magnat emprisonné Jimmy Lai. Pong Yat-ming et trois salariés de la librairie Book Punch sont accusés d’avoir vendu des publications jugées « séditieuses » au regard de la loi sur la sécurité nationale adoptée en 2024, selon le South China Morning Post, Ming Pao et la chaîne TVB.
La police a perquisitionné la librairie et saisi plusieurs documents, dont une biographie de Jimmy Lai, condamné le mois dernier à 20 ans de prison pour des infractions à la sécurité nationale.
Human Rights Watch a dénoncé dans un communiqué une situation « de plus en plus dystopique » à Hong Kong. « Les autorités ont d’abord emprisonné l’éditeur de presse, puis arrêté celui qui vendait des livres à son sujet. Qui sera le prochain ? », a déclaré Elaine Pearson, directrice Asie de l’ONG. « Ce sont les citoyens ordinaires qui en subiront les conséquences à long terme », a-t-elle ajouté.
« Une attaque inacceptable » pour l'IPA
De son côté, l’International Publishers Association (IPA) dénonce dans un communiqué « une attaque inacceptable contre la liberté intellectuelle », estimant que l’arrestation de libraires pour avoir diffusé des livres constitue « une escalade dangereuse dans la répression des voix indépendantes ». L’organisation représentante des éditeurs mondiaux rappelle le rôle central des libraires dans l’accès aux idées et à l’information et affirme soutenir « le droit de lire, publier et vendre des livres sans crainte de répression ».
Interrogée par l’AFP, la police s’est contentée d’indiquer qu’elle « agit en fonction des circonstances et conformément à la loi ».
La biographie de Jimmy Lai, intitulée The Troublemaker, est signée Mark Clifford, ancien dirigeant du groupe Next Digital. L’ouvrage retrace le parcours de Jimmy Lai, immigré de Chine continentale devenu milliardaire dissident à Hong Kong et fondateur du tabloïd aujourd’hui disparu Apple Daily.
Hong Kong a adopté en 2024 une loi locale sur la sécurité nationale, venue s’ajouter à un texte plus large imposé par Pékin après les manifestations pro-démocratie de 2019.
