Le secteur des bibliothèques représente une part non négligeable du chiffre d’affaires de Nedap France, aux côtés d’autres activités dans le domaine du retail ou le contrôle d’accès. Pour cette entreprise, la RFID (« Radio Frequency Identification » ou « identification par radiofréquence ») est avant tout un levier d’évolution des usages, au service d’une bibliothèque plus accessible et mieux connectée à ses publics, comme l'explique Thomas Pinna, directeur de l’activité « Bibliothèques » chez Nedap France.
Livres Hebdo : Comment la RFID s’est-elle implantée en bibliothèque en France ?
Thomas Pinna : Nedap a été l’un des pionniers en France à promouvoir l’usage de la RFID en bibliothèque, avec une première installation réalisée dès 2003. Depuis, cette technologie s’est progressivement imposée, adoptée par plus de 2 000 bibliothèques ou réseaux, principalement dans les grandes agglomérations et les villes moyennes. Aujourd’hui, Nedap accompagne les établissements dans une nouvelle étape de cette évolution, en facilitant la transition vers la technologie UHF (« Ultra Haute Fréquence »). Celle-ci permet une lecture à distance plus large et plus rapide, particulièrement adaptée à des usages comme le tri automatisé, l’inventaire et la recherche de documents en rayonnage, ou la logistique documentaire inter-bibliothèques.
Pourquoi les bibliothèques ont-elles adopté cette technologie ?
Parce que la RFID apporte des gains opérationnels immédiats. Une seule étiquette RFID permet à la fois l’identification du document et la gestion de l’antivol. Associée à des équipements automatisés, elle simplifie les gestes métier tout en réduisant les files d’attente et en libérant du temps pour l’accueil, la médiation et les actions culturelles. La RFID devient ainsi un outil stratégique pour accompagner la transformation des bibliothèques en tiers-lieux ouverts, autonomes et modulables.
Quelles sont les solutions concrètes mises en œuvre pour favoriser l’inclusion ?
Nos automates de prêt/retour sont dotés d’interfaces multilingues, adaptées aux personnes malvoyantes, dyslexiques ou en situation de handicap auditif. Nous proposons également des équipements permettant une autonomie maximale des usagers comme des boîtes de retour extérieures accessibles 24h/24, ou encore des casiers connectés pour retirer des documents réservés ou emprunter du matériel informatique. Ces dispositifs peuvent être installés dans ou hors les murs, facilitant l’accès au service dans les quartiers éloignés.
Et concernant l’extension des horaires d’accès à la bibliothèque ?
Notre solution « Open Library » permet à une bibliothèque d’ouvrir des plages horaires autonomes, sans présence de personnel. L’usager s’identifie avec sa carte d’adhérent, puis le contrôle d’accès est sécurisé avec un lecteur de contrôle d'accès, une caméra, des messages vocaux. Il peut alors accéder librement aux collections et aux automates RFID. Cette approche, déjà largement répandue dans les pays nordiques, s’inscrit dans une logique de continuité de service public, en réponse aux attentes des collectivités comme des usagers.