Suisse : une manifestation de soutien à la culture dégénère | Livres Hebdo

Par Agathe Auproux, avec afp, le 21.12.2015 à 12h31 (mis à jour le 21.12.2015 à 13h00) Genève

Suisse : une manifestation de soutien à la culture dégénère

Le Grand Théâtre à Genève

Plusieurs magasins, banques et édifices ont été vandalisés lors d’une manifestation contre les coupes budgétaires dans la culture en Suisse, a annoncé dimanche 20 décembre la police locale.

Samedi 19 décembre à Genève, lors d’une manifestation sauvage de protestatation, c'est-à-dire non prévue et non déclarée, contre les réductions des budgets culturels, plusieurs boutiques de luxe et banques ont eu leurs vitrines brisées ou couvertes de graffitis. Egalement visée, la façade du Grand Théâtre datant du 19e siècle a été maculée de peinture noire et de projections de différentes couleurs, a rapporté la police locale à l’AFP dimanche 20 décembre.
 
Cette manifestation non autorisée avait été convoquée sur les réseaux sociaux pour protester contre les coupes budgétaires visant des sites de culture alternative alors que les grands organismes restent subventionnés. La manifestation avait commencé aux alentours de 22H00 (21H00 GMT) devant la gare centrale. Selon le porte-parole de la police, environ 400 personnes y participaient, mais la plupart des dégâts ont été causés par une trentaine d'entre elles.
 
Les organisateurs de la manifestation avaient appelé à "prendre la rue pour qu'elle soit autre chose qu’un espace de circulation automobile et de vitrines de luxe". Les manifestants entendaient dénoncer le fait que "l’Etat de Genève subventionne en grande majorité le Grand Théâtre, un lieu de culture bourgeoise pratiquant des tarifs inaccessibles aux plus nombreux", comme ils l’écrivaient sur les réseaux sociaux.
 
Parmi les graffitis, on pouvait lire: "Les riches sont moches", "Bouffons les riches" ou "Bute ce flic dans ta tête". Dans une déclaration à La Tribune de Genève, le chef du département de la sécurité de la ville Pierre Maudet s'est dit "furieux et scandalisé par ce saccage intolérable". "On a affaire à une bande de casseurs professionnels", a-t-il accusé, estimant qu"il faut maintenant "poursuivre en justice et condamner sévèrement les auteurs".

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