Statistiques du SNE : l’édition française en 2016 | Livres Hebdo

Par Anne-Laure Walter, le 30.06.2017 (mis à jour le 30.06.2017 à 09h12) Chiffres

Statistiques du SNE : l’édition française en 2016

Librairie Le Comptoir des lettres, Paris. - Photo OLIVIER DION

Le Syndicat national de l’édition a dévoilé jeudi 29 juin son enquête annuelle de branche pour 2016 montrant que le chiffre d’affaires des éditeurs a progressé de 4,25 %, grâce à la forte croissance du marché scolaire.
Ce bilan statistique annuel bénéficie cette année d’une refonte totale de son outil de récolte des informations et d’une redéfinition de ses catégories éditoriales.

"Il est important d’avoir un syndicat fort dans ses données, ses chiffres et donc dans ses actions", lance Pierre Dutilleul. A son arrivée à la direction générale du Syndicat national de l’édition (SNE) en mars 2016, il a porté un regard neuf sur les statistiques de la profession dévoilées chaque année fin juin. Et comme Karen Politis Boublil avait aussi rejoint l’équipe, peu de temps auparavant, pour s’occuper des études, ils ont entamé ensemble une refonte de l’outil statistique, accompagnée par le cabinet de conseil Aqoa. "La méthodologie était bonne mais au fil des années, il y avait eu une certaine dérive dans l’extrapolation des chiffres, nécessaire pour arriver à une exhaustivité", précise Pierre Dutilleul.

Fruit de cette modernisation, le livret "Repères statistiques 2016-2017", rendu public jeudi 29 juin à l’occasion de l’assemblée générale du SNE, présente un secteur de l’édition en forme, ayant enregistré une forte croissance de l’activité en 2016, tiré par l’édition scolaire. Le chiffre d’affaires des éditeurs se porte à 2,84 milliards d’euros, soit une progression de 4,25 %. Cependant, hors scolaire, il stagne (+ 0,11 %), à l’image du marché du livre estimé par I+C pour Livres Hebdo à 0 % en valeur comme en volume (1).

L’historique reconstitué

Karen Politis Boublil a particulièrement veillé à la stricte définition de chaque secteur éditorial. Par exemple, pour les cartes et atlas, la taille du segment était surévaluée et a donc été lissée. Evalué à 24 millions d’euros, ce secteur est le douzième en part de marché. A contrario, le SNE sous-estimait le sous-segment de l’ésotérisme et de l’occultisme en raison de l’absence, les années précédentes, d’un acteur majeur dans l’échantillon. Il a donc été révisé à la hausse. Et pour chacune de ces évolutions, l’historique a été reconstitué afin de pouvoir établir des comparaisons à un an d’intervalle.

Autre segment de taille à avoir été redessiné, celui des sciences humaines et sociales, troisième en valeur, qui intègre désormais davantage la croissance du chiffre d’affaires numérique réalisé par les éditeurs de droits (abonnements, bases de données). Plus généralement, la méthode d’évaluation du marché numérique a fortement évolué. Il a été scindé en quatre segments : littérature, grand public (hors littérature), universitaire et professionnel, scolaire. A rebours d’une impression partagée, l’édition de littérature numérique a connu une progression de 6,3 % entre 2015 et 2016 et représente 4 % des ventes des éditeurs. En 2016, le chiffre d’affaires des ventes de livres numériques (234 millions d’euros) représente 8,65 % du CA total des éditeurs et a progressé de 29,7 %.

Dernier point éminemment politique alors qu’un nouvel accord professionnel entre auteurs et éditeurs devrait être signé lors de l’assemblée générale du SNE : les droits d’auteur. Portés en charge, ils ont progressé de 4,3 % par rapport à 2015. Leur montant s’élève à 468,5 millions d’euros et représente en moyenne 10,4 % du CA prix public hors taxes du panel, un poids stable à un an d’intervalle.

1. Hausse du chiffre et du volume

Source SNE

Le chiffre d’affaires des éditeurs est passé de 2,72 à 2,84 milliards d’euros en 2016 (+ 4,25 %), le nombre d’exemplaires vendus croît de 4,11 %.

Le CA des éditeurs se compose du produit de la vente de livres (2 705 M€) et de celui des cessions de droits (132,2 M€).

2. Le scolaire tire l’activité

Source SNE - Évolution 2017/2016 et part dans le CA total

La croissance du chiffre d’affaires des éditeurs est essentiellement due à la hausse des ventes de l’édition scolaire (deuxième segment en valeur en 2016), portée par la réforme des programmes du collège. Hors scolaire, le CA est stable (+ 0,11 %) par rapport à 2015.

La littérature reste le premier segment (21,7 % de parts de marché) avec un CA de 586 M€, mais baisse de 3,9 % en raison du recul de la romance érotique et de l’absence de titres phares qui avaient porté le marché en 2015.

Septième en valeur, le secteur document réalise un CA de 119 M€ (+ 8,3 %), bénéficiant de la bonne tenue du livre politique en année préélectorale.

3. Le numérique toujours dominé par le professionnel

Source SNE

En 2016, l’édition numérique (8,65 % du CA de l’édition) a généré un CA de 234 M€ (+ 29,7 %). Cette hausse est portée par l’édition universitaire et professionnelle, qui représente 80 % des ventes, et a réalisé un CA de 188 M€ (+35,9 %).

4. La Chine et l’Italie en tête des achats de droits

Source SNE

L’activité d’extraduction des maisons d’édition françaises en 2016 est stable (- 0,3 %) par rapport à 2015, avec des dynamiques différentes entre cessions et coéditions. A périmètre constant, on note une légère baisse (- 1 %) du nombre de cessions entre 2015 et 2016.

En revanche, le nombre de coéditions (pratiquées pour l’édition illustrée, jeunesse et beaux livres) est en hausse de 5 % par rapport à 2015.

(1) Voir LH 1115, du 3.2.2017, p. 22-25.

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