Rémi Pépin : "Je ne ferai pas appel aux aides financières de l’Etat" | Livres Hebdo

Par Isabel Contreras, le 22.03.2020 à 11h00 (mis à jour le 22.03.2020 à 13h00) Journal du confinement

Rémi Pépin : "Je ne ferai pas appel aux aides financières de l’Etat"

Le bureau de Rémi Pépin, chez lui à Paris. - Photo RÉMI PÉPIN

Cinquième épisode du « Journal du confinement » de Livres Hebdo, rédigé à tour de rôle par différents professionnels du livre. Aujourd’hui : Rémi Pépin, graphiste et directeur artistique freelance.

« J’habite entre l’Irlande et la France. La semaine dernière, nous sommes rentrés à Paris, ma femme, ma fille de onze ans et moi. Nous sommes confinés dans notre appartement du 19e arrondissement. Ma femme est enseignante à la fac, elle s’occupe de ses cours en ligne et de ma fille, qui a peu de devoirs car elle est scolarisée en Irlande.

D’habitude je travaille dans un bureau avec deux graphistes, une styliste et un bidouilleur de trucs en 3D, nous sommes tous indépendants.

Je conçois des couvertures pour plusieurs éditeurs tels que Sonatine, Inculte, Le castor astral ou le Cherche midi. Je me suis occupé jusqu’à l’année dernière des couvertures de Guillaume Musso.

Pour l’instant j’ai du travail. Je ne devrais pas chômer durant les trois semaines à venir. Je travaille sur un Mook, un carnet de voyages sur le Japon pour une agence de communication. Je m'occupe aussi de la couverture d’un titre à paraître chez Sonatine, Bedbugs, où il est question de virus et parasites… c’est assez anxiogène.

Conditions de travail

Je rejoins mes voisins lors des applaudissements de 20h. Je reste solidaire du personnel soignant mais il me semble qu'il mériterait surtout de meilleures conditions de travail.

Je pense aussi aux travailleurs indépendants. Car il faut être honnête: je ne suis pas à plaindre, ma situation financière n’est pas encore fragile.

Ce n’est pas le cas de nombreux amis graphistes ou directeurs artistiques, j’ai plein de copains qui risquent de galérer. Nous sommes dans un métier de danseuses. En temps normal, le travail arrive mais en temps de crise, il n’y a pas de filet de sécurité. Je crois que les mesures qui sont proposées par le gouvernement devraient bénéficier à ceux qui en ont véritablement besoin. Non, je ne suis pas dans la nécessité pour l'instant, je ne ferai pas appel aux aides financières de l’Etat.»

Et vous ? Racontez-nous comment vous vous adaptez, les difficultés que vous rencontrez et les solutions que vous inventez en écrivant à: confinement@livreshebdo.fr
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