Souad El Maysour, adjointe au maire de Strasbourg, qui intervenait dans la table ronde "Un service public à réinventer ? Nouveaux publics, nouvelles missions", s’inquiète d’un possible retrait de l’Etat en matière de lecture publique.
Vous parlez de réinventer la manière d’assurer le service de lecture publique. Que voulez-vous dire ?
Je crois qu’on ne peut pas faire l’économie d’une réflexion globale sur la façon dont, à l’avenir, les compétences sur la lecture publique vont se partager entre les différents acteurs. Or ce service est en déficit d’image. Peu d’élus sont conscients des mutations que vivent les bibliothèques. Il est crucial de réaffirmer le rôle indispensable des bibliothèques pour la démocratie.
La question d’une loi sur les bibliothèques a été à nouveau évoquée. Quelle est votre position à ce sujet ?
Je suis favorable à une loi sur les bibliothèques. Comme c’est le cas aujourd’hui pour les musées et les archives, cela donnerait un cadre national affirmant leurs missions. Cela pourrait éviter que les bibliothèques se trouvent, par exemple, victimes de censure comme on l’a vu récemment, au gré du changement de couleur politique de la municipalité.
Comment continuer à assurer ces missions avec moins de moyens ?
C’est une question centrale. Je crois qu’il faut définir des axes prioritaires renouvelés chaque année et ne pas essayer de tout faire. Mais ce qui m’inquiète le plus en ce moment, c’est de savoir quel rôle va jouer l’Etat sur l’ensemble du territoire en matière de lecture publique. Si les Drac disparaissent dans le cadre de la réforme des régions, nous perdrons une expertise précieuse et une vision homogène de ce que doit être un service de bibliothèque.
