Les objets voyagent depuis la nuit des temps, mais surtout depuis leur fabrication industrielle à partir du XVIIIe siècle. Et leurs périples racontent un peu de notre histoire et de nos envies. Tel est le point de départ de ce Magasin du monde. Dans cette boutique internationale, on trouve un peu de tout, de l'ampoule au wax, du chewing-gum au poste de télévision, du gilet jaune au sex-toy, donc la présentation est inégale en fonction des vendeurs qui nous expliquent leurs articles avec plus ou moins de pertinence. Mais à travers ces 100 objets traités en trois ou quatre pages par une cinquantaine d'auteurs, Pierre Singaravélou et Sylvain Venayre ont voulu illustrer la globalisation et tenter une histoire des circulations, commerciales, culturelles et touristiques. « Il est possible d'écrire, grâce aux objets les plus communs, une histoire du monde à hauteur d'humains ou, si l'on voulait user d'un jeu de mots, à hauteur de mains. » Étymologiquement, l'objet c'est ce que l'on place devant soi, pour le regarder- l'objet d'art- ou l'utiliser. Il participe donc d'un mouvement dont on peut suivre la trace, parfois jusqu'à sa disparition comme pour le biface ou le casque colonial. Mais cet objet, c'est aussi celui que l'on laisse derrière soi, telle la bouteille plastique qui pollue les océans. Il y a un petit côté Prévert ou Perec dans ce bazar de l'humanité, et c'est ce qui donne à la dimension historique son sens poétique.

Pierre Singaravélou et Sylvain Venayre
Le magasin du monde : la mondialisation par les objets du XVIIIe siècle à nos jours
FAYARD
Tirage: 5 000 ex.
Prix: 25 € ; 448 pages
ISBN: 9782213716787

Commentaires (0)

Espace réservé aux abonnés

Livres Hebdo a besoin de votre voix. Nous apprécions vos commentaires sur le sujet, vos critiques et votre expertise. Les commentaires sont modérés pour la courtoisie.

Connectez-vous Pas encore abonné ? Abonnez-vous

On vous
RECOMMANDE

Les dernières
actualités