MARIE-CHRISTINE CONCHON : "Nous utilisons le numérique pour donner une visibilité à nos auteurs" | Livres Hebdo

Par Claude Combet, le 31.08.2012 (mis à jour le 16.10.2014 à 15h42) Univers Poche

MARIE-CHRISTINE CONCHON : "Nous utilisons le numérique pour donner une visibilité à nos auteurs"

Marie-Christine Conchon - Photo OLIVIER DION

Marie-Christine Conchon a succédé en décembre 2010 à Jean-Claude Dubost à la tête d'Univers Poche, dont elle a été secrétaire générale puis directrice générale adjointe. Elle défend la spécificité française du poche, tout en développant le numérique.

Livres Hebdo - L'année 2012 est difficile pour la librairie. En pleine crise économique, le poche résiste-t-il ?

Marie-Christine Conchon - Le marché est en effet très difficile, y compris pour le poche adulte qui a perdu trois millions de ventes sur les sept premiers mois de l'année (source GFK). Tous les réseaux sont concernés, notamment les librairies indépendantes. Dans ce contexte, nous nous devons d'être créatifs et volontaristes, et proposer une offre diversifiée et innovante pour convaincre et attirer de nouveaux lecteurs. Les bonnes performances de nos marques en sont l'illustration et contribuent à créer du trafic dans les points de vente, dans cette période complexe.

Pocket et 10/18 fêtent leurs 50 ans. Y a-t-il un secret de longévité ?

Si secret il y a, il est dans le renouvellement de l'offre, des objets et l'animation constante de nos catalogues. Dans un contexte économique compliqué, il faut être plus que vigilants à la qualité des livres, à leur contenu, à leur présentation et à leur prix. Les couvertures font évidemment l'objet d'une attention permanente. Par exemple, la nouvelle charte graphique de 10/18 conçue par Rémi Pépin a particulièrement bien été accueillie tant par les lecteurs que par les libraires. C'est important pour les nouveautés mais également pour le fonds, qui représente plus de la moitié de nos ventes en poche adulte.

Le poche est-il menacé par le numérique ? Vous avez choisi de lancer une marque entièrement numérique au sein du groupe : 12-21. Pour quelle raison ?

Nous sommes avant tout un éditeur "papier" et poche, leader sur le marché pour adultes avec Pocket et 10/18. En France, le poche est un produit de qualité, très accessible et très attractif, ainsi il représente un tiers du marché du livre, avec 100 millions de volumes vendus en 2011. Le numérique est aussi un axe de développement pour Univers Poche, et la création de 12-21 s'inscrit dans cette perspective.

Il faut se garder d'une analogie trop rapide avec le marché américain et s'efforcer de préserver la loi sur le prix unique ainsi que le réseau des librairies indépendantes. Nous utilisons le numérique pour donner de la visibilité à nos auteurs et à nos titres papier et croyons à une cohabitation durable des deux supports. Nos ventes papier et nos ventes numériques sont en très forte progression depuis le début de l'année.

Hunger Games est le plus gros succès de Pocket Jeunesse, qui s'est largement ouvert en âges et... au grand format. La marque va-t-elle devenir généraliste ?

Pocket Jeunesse est historiquement un éditeur de poche et est devenu aujourd'hui un éditeur généraliste sur le marché de la lecture jeunesse, également très présent en grand format. Hunger games a dépassé le million de volumes vendus tous réseaux confondus. La trilogie était déjà un succès de librairie, le lancement du film et la promotion on-line et off-line qui l'ont accompagnée ont eu un effet accélérateur. Hunger games est désormais un phénomène.

Vous avez lancé "Territoires" pour les jeunes adultes et avez positionné Fleuve noir comme un éditeur de grand format depuis que vous avez rapatrié les séries San-Antonio et Star wars en Pocket. Quelle est votre stratégie ?

Fleuve noir est un éditeur de littérature générale, qui a vocation à être également présent sur tous les segments, policier-thriller évidemment mais aussi comédie, graphic novels, non-fiction, etc.

Le lancement de la collection "Territoires" nous permet de nous adresser à un lectorat de jeunes adultes plus âgés que le public de Pocket Jeunesse. Il est très encourageant de constater que cette génération - les 15-25 ans - paraît très attachée aux livres et à la lecture.

Comment fait-on aujourd'hui la promotion du poche ? Quelle est l'importance du Net ?

Nos marques sont très présentes sur les réseaux sociaux et communautaires. Par ailleurs, nous avons lancé à l'automne 2011 A Blog Ouvert (ABO), qui est un blog culturel interactif destiné aux ados et aux jeunes adultes. ABO dispose d'une bibliothèque où sont présents les titres jeunes adultes de l'ensemble de nos marques. C'est une approche transversale qui nous permet d'animer différemment nos catalogues en nous adressant directement aux lecteurs.

Qu'avez-vous prévu pour la rentrée ? Quels sont vos prochains "grands chantiers" ?

Nous poursuivons les opérations événementielles liées aux 50 ans de nos éditeurs de poche, avec de très belles mises en avant des auteurs stars et des livres cultes de Pocket et de 10/18. Par ailleurs, dès la rentrée, l'identité graphique de Pocket Jeunesse change avec notamment un nouveau logo.

La rentrée sera aussi marquée par de nombreux lancements : A découvert, le premier titre de la nouvelle série d'Harlan Coben qui paraîtra au Fleuve noir ; 1Q84, livres 1 et 2 de Murakami chez 10/18 ; Atom[ka] de Franck Thilliez ; Complètement cramé, la nouvelle comédie de Gilles Legardinier au Fleuve noir ; L'épreuve, vol. 1, Le labyrinthe de James Dashner ; le tome 2 de la série à succès Le prince des nuages de Christophe Galfard chez Pocket Jeunesse ; L'équation africaine de Yasmina Khadra (ainsi que la remise en vente de Ce que le jour doit à la nuit dont l'adaptation au cinéma réalisée par Alexandre Arcady sortira le 12 septembre) ; Petit traité de vie intérieure de Frédéric Lenoir ; et Mots d'excuse de Patrice Romain chez Pocket. Enfin, nous aurons le plaisir d'accueillir lors du Salon de Montreuil les deux auteurs de Pokémon à l'occasion de la sortie du tome 5 de la collection "Pokémon noir et blanc" chez Kurokawa.

Le monde, le public, les habitudes de consommation évoluent, et un éditeur doit se réinventer constamment. Les grands chantiers sont donc innombrables, ce qui rend ce métier passionnant.

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