Depuis qu’elle a ouvert en juin 2008 à Besançon L’Ivre des mots, devenue en septembre 2010 Les Gourmands lisent, Julie Duquesne estime être « passée par tous les états possibles, de l’euphorie à l’abattement. Aujourd’hui, j’ai l’impression d’avoir la gueule de bois ». Et ce n’est pas parce qu’elle a transformé il y a trois ans son magasin en librairie-cave à vins ! Mais son parcours n’a pas été sans heurts. Lâchée par son associée un an et demi après l’ouverture et confrontée à un problème de découvert concernant « une somme de 4 000 euros que la banque a refusé de couvrir », elle s’est retrouvée en redressement judiciaire début 2010. « L’activité était correcte, mais insuffisante pour assurer un bon fonctionnement. Il faut du temps pour que les gens s’habituent à un nouveau commerce dans une ville moyenne comme Besançon. » Autorisée à poursuivre son activité, Julie Duquesne s’est depuis associée avec son mari, caviste, pour partager les coûts de son local de 60 m2 et proposer une offre mixte. Aujourd’hui, le nouveau concept est bien accueilli, mais les sommes dues dans le cadre de la procédure judiciaire plombent le redressement des résultats. « D’autant qu’il nous faut supporter les travaux d’urbanisme, à l’origine d’une baisse de 40 % de la fréquentation du centre-ville », s’inquiète Julie Duquesne. Inutile de préciser que, dans ce contexte, le couple ne se verse pas de salaire, « alors même que nous travaillons chacun 60 heures par semaine », précise la libraire, toujours passionnée, mais de plus en plus perplexe quant à l’avenir. <
