Les comptes de Bayard plombés par Presstalis | Livres Hebdo

Par Nicolas Turcev, avec AFP, le 27.11.2018 à 13h58 (mis à jour le 27.11.2018 à 14h00) Résultats financiers

Les comptes de Bayard plombés par Presstalis

Photo PHOTO OLIVIER DION

La contribution de l’éditeur au sauvetage du distributeur Presstalis a porté un coup à ses résultats sur l’exercice 2017-2018, même s’il reste légèrement bénéficiaire.

Le groupe Bayard qui comprend les pôles presse - La Croix, Notre Temps, Pèlerin, Okapi... - et édition - Bayard jeunesse, Milan, Tourbillon, ...-  a déclaré, lundi 26 novembre, un bénéfice net en repli sur l’exercice 2017-2018, en raison notamment de sa contribution au sauvetage de la messagerie de presse Presstalis, leader français de la distribution de journaux et magazines avec 75% de parts de marché.

L’éditeur se trouve toutefois à l’équilibre avec un solde légèrement bénéficiaire de 0,3 millions d’euros, quand il engrangeait un profit de 2 millions d’euros un an plus tôt. Le chiffre d’affaires total a lui reculé de 1,8% à 343,4 millions d’euros, contre 349,7 millions d’euros sur l’année précédente. Malgré leur légère baisse, la trésorerie reste fortement excédentaire et la marge opérationnelle est positive.

Bayard estime avoir résisté "malgré un résultat grevé par l'avance versée auprès des Coopératives de Presstalis pour contribuer au financement de la transformation du système de distribution de la presse". Fin 2017, les journaux et magazines distribués par Presstalis ont eu la surprise de voir leurs revenus ponctionnés à hauteur de 25% sur deux mois par la messagerie, alors en grande difficulté financière. Puis en mars 2018, l’Etat a consenti à prêter 90 millions d’euros à la coopérative pour la sauver de la faillite. En retour, celle-ci a mis en place un plan de remboursement qui ponctionne ses actionnaires, c’est-à-dire les éditeurs de journaux et magazines, à hauteur de 2,25% de leurs revenus sur cinq ans. Bayard précise avoir versé en mars au distributeur une avance de 4 millions d'euros, représentant la totalité de sa contribution. Cette avance a été intégralement dépréciée dans les comptes de l'éditeur, grevant du même coup ses résultats annuels.

Démarrage prometteur en Chine

En outre, le groupe souligne le dynamisme de ses activités de presse et d'édition jeunesse, et le "début prometteur" de sa nouvelle filiale d'édition pour enfants en Chine montée en partenariat avec le groupe chinois Trustbridge Global Media, Bayard Bridge. Il indique cependant avoir souffert "du repli de la publicité de la presse et le recul des diffusions des publications du marché chrétien".

Bayard, contrôlé par la congrégation catholique des Augustins de l'Assomption, est présent en Europe, en Amérique, en Asie et en Afrique. Sous les marques Bayard, Bayard Jeunesse, Milan et Twenty Third, le groupe édite 150 publications qui touchent 36 millions de lecteurs dans le monde, dont 5 millions d'abonnés. A travers les maisons d'éditions Bayard, Milan, Bayard Canada et Novalis, il vend 8 millions de livres et publie plus de 700 nouveaux titres par an. Il édite en outre 150 sites web à travers le monde.

"Si la prudence reste de mise, en particulier face aux mutations du marché de la presse, de son système de distribution en France, et des enjeux liés spécifiquement au marché chrétien, l’objectif pour 2018-19 est de permettre au groupe de financer son développement et son rayonnement international, tout en confortant son indépendance" explique le groupe.

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