Les auteurs américains toujours plus pauvres chaque année | Livres Hebdo

Par Léopoldine Leblanc, le 07.01.2019 à 15h59 (mis à jour le 07.01.2019 à 17h56) Etats-Unis

Les auteurs américains toujours plus pauvres chaque année

Photo AUTHORS GUILD

En dix ans, les revenus des écrivains ont baissé de 42% aux Etats-Unis pour atteindre un chiffre historiquement bas, selon la dernière étude de la Guilde des auteurs américains publiée le 5 janvier.

La dernière étude sur les revenus des auteurs américains publiée par la Guilde des auteurs, samedi 5 janvier, révèle des chiffres historiquement bas: avec une rémunération moyenne de 6080 dollars en 2017 (environ 5310 euros), les revenus des écrivains du pays accusent une baisse de 42% depuis 2009 (10500 dollars, soit environ 9165 euros). En 2014, une enquête similaire de la Guilde estimait le revenu moyen à 8000 dollars (environ 6980 euros).

Les auteurs de fiction sont les plus touchés avec une baisse de gains liés à la vente de livres de 43% en cinq ans. Selon l’étude, seul 21% des auteurs publiés "à plein temps" ont tiré l’ensemble de leurs revenus de la vente de livres en 2018, tandis que 51% d’entre eux ont été rémunérés par la vente de livres combinées à d’autres activités d’écriture.
 
Les écrivains auto-publiés font figure d’exception avec des revenus issus de la vente de livres qui ont presque doublé depuis 2013 pour atteindre 1951 dollars (environ 1700 euros). Ils restent tout de même moins bien payés que leurs confrères publiés par des maisons d’édition avec des revenus d’auteurs 58% plus bas.
 
Amazon mis en cause
 
Parmi les facteurs de cette paupérisation, l’association dénonce la domination croissante d’Amazon qui force les éditeurs à accepter des marges plus étroites sur leurs ventes, se répercutant ensuite sur les droits d’auteurs. Le géant du e-commerce détient également le monopole des publications en autoédition, imposant aux auteurs des conditions non négociables, rappelle l’association. Autre concurrence: celle de la revente des livres neufs en ligne ou la lecture via des plateformes de lecture qui se dédouanent en partie des droits d’auteur comme l’application Amazon Kindle Unlimited ou les bibliothèques numériques Google Books et Open Library.
 
Pour l’association, plusieurs solutions pourraient pallier l’appauvrissement progressif des auteurs: le Congrès pourrait "adopter une exception à la loi antitrust" pour permettre aux éditeurs et aux services d’auto-édition de "négocier collectivement" avec Amazon, Google et Facebook. Il faudrait également imposer un droit d’auteur sur la revente d’un livre neuf et que les éditeurs reversent une part plus importante aux auteurs pour les livres numériques.

Autres recommandations: la destruction des retours de librairies afin d’empêcher leur revente en occasion ou encore la création d’un fonds fédéral qui rémunère les auteurs pour l’utilisation publique de leurs livres.
 

15 organisations d’écrivains participantes

L’enquête inclut les réponses de 5067 participants membres de 15 organisations d’écrivains et plateformes de publications. Elle recoupe les données d’auteurs publiés par des maisons d’édition, autoédités ou "hybrides", qui exercent leur activité d’écriture à temps plein ou temps partiel. En plus de la Guilde des auteurs américains (Authors Guild), on trouve les regroupements Romance Writers of America, Society of Children’s Book Writers, Sisters in Crime, International Thriller Writers, Textbook and Academic Authors Association, National Association of Science Writers, American Society of Journalists and Authors, Association for Garden Communicators, Independent Book Publishers Association, PEN American Center, Authors Alliance, Next Big Writer, B&N Press, Authors Registry, IngramSpark, Reedsy and Lulu.

 
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