Les auteurs adressent une lettre ouverte aux candidats | Livres Hebdo

Par Anne-Laure Walter, le 28.03.2017 à 18h00 Présidentielle 2017

Les auteurs adressent une lettre ouverte aux candidats

Marie Sellier, présidente de la SGDL. - Photo OLIVIER DION

Soulignant la position paradoxale de l'auteur, qui occupe une forte position symbolique tout en se trouvant dans une situation économique précaire, la Société des gens de lettres entend faire valoir six impératifs auprès des candidats à la présidence de la République. 

Après les libraires, les éditeurs et les bibliothécaires, les auteurs interpellent à leur tour les candidats à l'élection présidentielle des 27 avril et 7 mai. La Société des gens de lettres (SGDL) et sa présidente Marie Sellier ont adressé, mardi 28 mars, une lettre ouverte aux aspirants à la présidence de la République pour les sensibiliser au "paradoxe de l'auteur" à savoir que "jamais l’écrivain n’a été aussi réclamé, désiré, invité, écouté et jamais sa situation n’a été aussi bancale. Son statut symbolique fait rêver, mais sa situation économique n’a rien d’enviable", selon le document. 

Dans sa lettre, la SGDL rappelle que 41% des auteurs "professionnels" (environ 8000 personnes) gagnent moins que le Smic, selon une étude réalisée pour le ministère de la Culture et de la Communication et le Centre national du livre.

L'organisation des auteurs fait valoir auprès des candidats six impératifs qu'elle juge essentiels pour les auteurs: 
  • "revoir le partage de la valeur du livre. Les pourcentages de droits d’auteur ne cessent de baisser alors que les coûts de fabrication se sont considérablement réduits. Il serait légitime que tous les auteurs perçoivent, avant toute négociation individuelle, une rémunération minimum garantie de 10% du prix du livre papier et de 20% pour un livre numérique."
  • "obtenir enfin une véritable transparence dans les relevés de comptes adressés à l’auteur, comme le permettent les systèmes d’information du XXIe siècle, et un accès direct des auteurs à tout ce qui concerne la vie de leur œuvre, à commencer par les chiffres de vente."
  • "permettre aux auteurs d’être sereinement rémunérés lorsqu’ils sont invités à participer à des salons ou à s’exprimer en public. Il est impératif de revoir la circulaire sur les revenus des auteurs qui empêche la plupart d’entre eux d’être rémunérés en droits d’auteurs quand ils interviennent en tant qu’auteurs."
  • "trouver d’autres sources de financement pour la retraite obligatoire des auteurs. Ce financement ne peut pas continuer à reposer sur une hausse systématique des cotisations des auteurs dont les revenus sont déjà irréguliers et fragiles. La perspective d’une légitime retraite ne doit pas avoir pour conséquence immédiate d’accentuer la précarisation des auteurs. Il est urgent que les auteurs puissent enfin se faire entendre du ministère des Affaires Sociales."
  • "traiter véritablement la question du livre d’occasion qui a pris une part importante et grandissante dans l’économie du livre et sur lequel les auteurs, comme les éditeurs, ne perçoivent aucune rémunération, contrairement à l’Etat qui prélève de la TVA."
  • "consolider les piliers du secteur du livre. Maintenir un droit d’auteur et un droit des auteurs forts, en France comme en Europe; ne souffrir aucune dérogation au principe du prix unique du livre (réglementer les ventes soldées); préserver les institutions publiques du livre dans leurs missions et leurs moyens (ministère de la Culture, Centre national du livre et structures régionales pour le livre)."
En conclusion, la SGDL demande que le futur ministre de la Culture convoque des "Etats généraux de l’édition sur les questions de rémunération, de transparence, de simplification et de modernisation".
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