La Nuit du livre, qui remet les trophées de la fabrication, vient de changer de mains pour sa douzième édition, en mars. Elisabeth Chainet, la créatrice de l’événement, a transmis son organisation à Jacques Taquoi (agence Anatoly), même si elle en reste l’ambassadrice. Spécialiste en gestion des achats d’impression, Jacques Taquoi découvre, depuis cet observatoire privilégié, la diversité de la production éditoriale.
Pourquoi avoir repris La Nuit du livre ?
Ces prix nous donnent une large visibilité sur le monde de l’édition. De plus, je suis heureux de valoriser l’univers de la fabrication. Je baigne dans les industries graphiques depuis 1976. En 1987, j’ai racheté l’imprimerie Jarach La Ruche avant de lancer Koryo, une société de gestion de la fabrication.
Quelle a été récemment l’innovation technique majeure ?
Les machines sont tellement sophistiquées dans les imprimeries que, désormais, le savoir-faire n’est plus forcément dans les calages techniques. Il est surtout dans la manière dont on aborde un dossier. Aujourd’hui, la plus grande innovation réside dans la photogravure, qui reste un métier de sensibilité, où l’humain fait la différence. On peut avoir une bonne impression sans conducteur de génie, mais le nerf de la guerre reste la photogravure, qui demande du doigté, du savoir-faire.
La production a-t-elle beaucoup évolué ?
Les formats deviennent de plus en plus sophistiqués, les papiers de plus en plus créatifs. Les presses UV ont permis, avec leur séchage instantané, d’imprimer sur d’autres matériaux, avec des coûts attractifs. Faire de l’édition d’art, c’est une question de volonté. Il faut se donner les moyens, ce que font notamment les marques de luxe comme Cartier ou Dior. <